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BAMBOUS PASSION

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23 septembre 2026

- INDEX DES BAMBOUS DE CE BLOG et présentation

 - INDEX DES BAMBOUS DE CE BLOG et présentation
22 septembre 2026 Après 6 longues années d'interruption, ce blog repart, avec de nouveaux articles à venir très vite. Vous découvrirez bientôt un petit bambou du Brésil, une rareté dans la nature mais aussi en culture, à préserver absolument d'autant...
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24 septembre 2026

44 - Himalayacalamus fimbriatus

44 -           Himalayacalamus fimbriatus

                             Robert KERNIN, le 25 juin 2026

Synonyme : Drepanostachyum fimbriatum

Ce bambou fleuri depuis début 2026 (photos 1 et 2).

floraison avec une mue de cigale

Originaire du centre et de l'ouest du Népal, où on le trouve communément près des villages, généralement à une altitude entre 1100 et 1800 m. Il est utilisé, entre autres, comme fourrage pour les animaux, mais aussi planté pour stabiliser les cultures en terrasse. Ses chaumes atteignent 6 à 7 m pour un diamètre de 1,8 cm.

Cette espèce a été introduite en France par Jean Merret, peut-être en 1994, avec d'autres espèces. J'ai eu le bonheur de le rencontrer en 2002. En repartant, Jean m'a confié 3 espèces de bambous, qu'il n'avait pas identifiées, afin que je puisse les étudier, ce que j'ai fait de concert avec Rémi Bertran.

Grâce au livre de Chris Stapleton, Bamboos of Nepal, nous sommes arrivés à la conclusion que l'une des espèces ressemblait fortement à Himalayacalamus fimbriatus, ce qui fut confirmé par la suite, la double couronne de poils (base de la gaine de chaume et cicatrice de gaine) étant parmi les signes les plus distinctifs de l'espèce (photos 3 à 8).

photo 3
photo 4
photo 5
photo 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

photo 7
photo 8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Idéalement la plantation se fera en situation semi-ombragée (en Bretagne). Le plein soleil lui fait enrouler ses feuilles, mais il supporte (photo 9).

photo 9

Les chaumes, très serrés, sont verts, mais les nouveaux sont recouverts d'une pruine leur donnant une teinte bleue superbe (photos 10 à 12).

photo 10 Nouveaux chaumes bleutés
photo 11
photo 12

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cespiteux, il pousse en forme de champignon.

Les feuilles sont fines et longues (photos 13 à 15),

photo 15
photo 14
photo 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

non tessellées (photos 16 et 17)

photo 16 feuilles non tessellées
photo 17 absence de tessellations

 

 

 

 

 

 

 

et l'hiver Breton, chargé d'humidité, les fait tomber aux environs de -5°C, voir même avant si le gel dure (photo 18),

photo 18 - Les feuilles tombent en hiver

mais le printemps efface toute trace, et un nouveau feuillage s'installe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les nouveaux chaumes, lorsqu'ils atteignent plusieurs mètres, sont sensibles aux coups de vent et sont parfois cassés.

Les turions (photos 19 à 21) 

photo 19 - Turion

ne sont pas consommables, étant très amers.

photo 20
photo 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En conclusion, je trouve cette espèce magnifique, et j'ai commencé la récolte des graines sur mon très jeune plant dans mon nouveau jardin d'Alès (en situation totalement ombragée car le soleil et la chaleur ambiante sont plus fortes qu'en Bretagne), afin d'assurer l'avenir.

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie :

- Bamboos of Nepal – Chris Stapleton – The Royal Botanic Garden, Kew 1994

- The bamboos of the world – D. Ohrnberger – éd. Elsevier Science B.V. 1999

- Coup de bambou – Rémi Bertran, Robert Kernin, Loïc Tréhin, éd. Locus Solus 2016

 

Photos: Robert Kernin

23 septembre 2026

43 Chusquea sclerophylla

43          Chusquea sclerophylla

article 43                             Chusquea sclerophylla

                                       Robert Kernin, le 23 août 2026

 

 

Originaire du Brésil, dans l’état de Rio de Janeiro, l’espèce ne semblait pas avoir été signalée depuis sa découverte en 1870 (et 1872) par le botaniste breton Auguste Glaziou. Retrouvée par un breton en 2010, au cours d’une randonnée à la Pedra do Sino vers 2300 m d’altitude, sous forme d’une population assez réduite, environ 80 pieds. Suite à sa floraison en 2015 (photo 1),

des graines ont pu être récoltées puis semées en Bretagne. Pour ma part j'ai obtenu quelques plantules en décembre 2015, après un temps de germination entre 81 et 157 jours (photos 2 et 3).

Ses chaumes, au port dressé, atteignent 1 à 2 m pour un diamètre de 1,2 cm et sont cespiteux. Les entre-nœuds, pourvus d’un sillon inter-nodal, sont pleins, d’une couleur jaune orangé, longs de 2 à 4,8 cm (photo 4),

mais longtemps cachés par les gaines persistantes. Lorsque les gaines se désagrègent apparaît une pruine blanche assez épaisse, en plaques irrégulièrement disposées (photo 5).

Un anneau vert clair est présent sous la cicatrice de gaine.

 

Les gaines de chaume sont persistantes, dépourvues d’oreillettes, et peuvent être imbriquées, couvrant jusqu’à 4 entre-nœuds, mais certaines de la longueur d’un entre-nœud. Dans ce dernier cas, une grande partie du chaume est visible du côté opposé à la languette. La couleur des gaines est vert clair tirant sur le jaune, mélangé de pourpre. La languette est triangulaire, dressée, striée et pourpre (photo 6).

La ligule est convexe, bordée de petites soies blanches, formant des petites touffes. Elle est difficile à séparer de la languette.

 

Les branches latérales sont courtes, entre 27 et 35 cm en moyenne, érigées et de développement intravaginal. Pas de branche dominante, une centrale, à peine plus longue, encadrée de 2 ou 4 latérales, pas de complémentaires par la suite. Elles prennent naissance dès le premier nœud.

 

Les feuilles, coriaces, non tessellées (photo 7),

sont au nombre de 5 à 9 par ramule. Elles font de 7 à 10,8 cm de long pour 0,8 à 1,3 cm de large (photo 8).

Leur pourtour porte un rebord épais de couleur blanche, dont une partie est garnie de rares petits crochets. Le pétiole fait seulement 1 mm de long ou parait inexistant. Les gaines foliaires sont d’une belle couleur jaune, elles sont pubescentes et garnies de cils blancs sur leurs bords. Les turions (photo 9)

sont vert clair mêlé de pourpre et la languette est pourpre. Cette dernière est dressée, en forme creuse de cuillère. Le haut des gaines est écarté du turion.

 

Une espèce 'discrète', inhabituelle d'aspect (photo 10),

mais un trésor botanique à sauvegarder ! Les plantules que j'avais obtenues fin 2015 ont grandi en pot, puis de 2017 à 2019 j'ai mis de jeunes plants en pleine terre, certains à l'ombre partielle d'un pommier, et d'autres en plein soleil (en Bretagne). Ceux à la mi-ombre ont mieux poussé. A noter qu'un petit plan, confié à un ami, vient de 2026 (soit 11 ans après la floraison de 2015) et fait l'objet de la plus grande attention...

Bibliographie :

- Les Bambusées – Camus – éd. Paul Lechevalier Paris 1913 – Rééd. Naaz Offset Works Delhi 1979

- Coup de bambou – Rémi Bertran, Robert Kernin, illustrations de Loïc Tréhin (aquarelles), éd. Locus Solus - 2016

Photos : Robert Kernin

6 mars 2020

42- La Flore de Mayotte - de Fabien Barthelat

Article 42-  La Flore de Mayotte

Une grande nouvelle dans l’édition botanique, vient de paraître récemment: 

LA FLORE DE MAYOTTE –de Fabien Barthelat –Editions Biotope,BP 58, 34140 – Mèzes

Publications Scientifiques du Museum

Paru en décembre 2019

           En 2006, alors que j’étais à Mayotte à la recherche d’un petit bambou qui était parait-il présent sur ‘’l’île aux parfums’’, j’avais fait connaissance et exposé l’objet de mes recherches à Fabien, qui avait déjà repéré, dans un endroit de l’île, l’espèce en question, et attendait de mettre un nom dessus. Après observation, il s’avéra qu’il s’agissait bien de Sirochloa parvifolia, renommé par Soejatmi Dransfield, et portant à l’origine le nom de Schizostachyum parvifolium.

          A cette époque, Fabien connaissait déjà bien les sentiers et les zones les plus inaccessibles de l’île, et l’ouvrage paru de nos jours était déjà sous une belle forme d’ébauche.

          Ce livre est donc le résultat de nombreuses années d’observations du terrain et de recherches, c’est un trésor…

Robert Kernin

 

flore_de_mayotte

Rayon
Flore sauvage exotique
BP 58
34140 Mèze
04 67 18 65 39
04 67 18 46 29
diffusion@biotope.fr
www.biotope-editions.com Diffusion BIOTOPE / Distribution SODIS
Fabien BARTHELAT
L’OUVRAGE
Le 101e département français se situe dans l’Océan Indien entre
Madagascar et les côtes du Mozambique. À l’instar de nombreux
écosystèmes insulaires tropicaux, l’île de Mayotte abrite une flore très
diversifiée avec plus de 1 350 espèces végétales dont une cinquantaine
sont endémiques de l’île.
Ce livre présente toutes les espèces connues à Mayotte, chacune faisant
l’objet d’une monographie illustrée mettant l’accent sur l’écologie des
espèces, ainsi que leur statut (rareté, menaces, état de conservation).
Le volet culturel n’est pas oublié avec la présentation des noms des
plantes en langues vernaculaires, ainsi que leurs usages en agriculture
ou en médecine traditionnelle.
Ce livre constituera une référence aussi pour les professionnels
de l’environnement, tout comme pour les Mahorais attachés à leur
patrimoine, ou pour tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, à la
biodiversité végétale de ce territoire exceptionnel.
Fabien Barthelat a largement participé à l’inventaire de la flore
mahoraise, il en est devenu un spécialiste et nous livre dans cet ouvrage
le fruit de toutes ces années de travail sur le terrain.
Public visé
Naturalistes amateurs et
professionnels
Caractéristiques
ISBN : 978-2-36662-232-4
Coédition MNHN
Collection inventaires & biodiversité
Couverture rigide
Format : 21 × 29,7 cm
Nombre de pages : +600
Prix public : 45 e TTC
Parution : nov./déc. 2019
La Flore de Mayotte

 

17 septembre 2019

41 - Yushania papyrifera 'Bourhis'

 

Article 41 - Yushania papyrifera (Bourhis)

            Robert Kernin, septembre 2019.

un lien en fin d'article permet d'ouvrir un tableau comparatif entre ces deux Yushania 

          Il y avait jusqu’ici le Yushania papyrifera issu de graines récoltées en Chine province du Yunnan par Chris Stapleton. Ce magnifique bambou commence à être répandu dans les jardins des collectionneurs.

          Mais voici qu’apparaît ce qui semble être un clone un peu différent, récolté sur le versant ouest du col Feng Xue Yakou, à 3100m d’altitude, dans le Yunnan, entre Fugong et Dali, non loin de la frontière du Myanmar (ancienne Birmanie), par François et Marie-Agnès Bourhis.

          Jean-Pierre Demoly a pu observer ce bambou dans un jardin de Bretagne voici quelques années et il pense qu’il s’agit d’un clone de Y. papyrifera, malgré quelques différences

          Ayant atteint sa taille adulte, ce plant permet maintenant des observations optimum.

          De plus j’ai la chance d’avoir les deux clones adultes (Stapleton et Bourhis) non loin de chez moi, et également les deux plants plus jeunes dans mon propre jardin.

          Quoiqu’il en soit, c’est un ‘grand’ parmi les Yushania, dépassant les 8m.

 

Voici donc les principales différences que j’ai pu noter chez Y. papyrifera (Bourhis), avec à l’appui quelques photos pour vous faire apprécier ce bambou exceptionnel :

 

- chaumes plus rapprochés entre eux (photo 1, François Bourhis (1,82m) au pied de son grand Yushania)

photo 1- François au pied de son Yushania papyrifera

- couleur des chaumes légèrement moins bleutée

- section des entrenœuds circulaire (photo 2)

photo 2- Coupe de Y papyrifera 'Bourhis'

 

 

 

 

contre ovale chez le clone Stapleton (photo 3)

photo 3- Coupe de Y papyrifera 'Stapleton'

- canal médullaire circulaire de 11mm pour un chaume de 3,1 cm de diamètre, se prolongeant tout au long du chaume, par exemple de 6mm au 23e entrenœud pour une section de chaume de 1,3cm, contre un canal médullaire ovale de 9 x 6mm pour un chaume de 3,6 cm de diamètre, ce canal passant à 2mm au 10e entrenœud pour une section de chaume de 2,1 cm, et devenant inexistant à partir du 12e entrenœud. Vérification faite, bien sur, plusieurs chaumes.

- pubescence assez dense sur les nouveaux chaumes, toujours présente bien que diminuée sur des chaumes de la 3e année, contre une pubescence assez dense caduque dans l’année.

- gaines de chaumes caduques seulement l’année suivante, contre des gaines de chaume caduques dans la même saison, sachant que les turions des deux espèces sortent en juin pour la majorité (fin mai à août possible)

- gaines de chaume le plus souvent rouge lie de vin strié de vert face externe, contre des gaines verdâtres/grisâtres de couleur uniforme (photos 4 et 5 gaines du clone 'Bourhis').

photo 4-anciens et nouveaux chaumes

photo 5- gaines de chaume rouges striées de vert

- feuilles, pour la majorité, forment un arc de cercle dans l’espace (photo 6),

photo 6- Feuilles de Y papyrifera 'Bourhis'

donnant un aspect de souplesse, contre des feuilles en général rectilignes dans l’espace (photo 7).

photo 7- Feuilles de Y Papyrifera 'Stapleton'

Les deux présentent pourtant la même finesse au toucher.

- Port général plus souple, moins érigé que le Y. papyrifera (Stapleton). Les deux photos à l’appui concernent 2 jeunes plants d’âge semblable dans le même jardin (photos 8 = Bourhis et 9 = Stapleton).

photo 8- Port souple de Y papyrifera 'Bourhis'

photo 9- Port raide de Y papyrifera 'Stapleton'

 

 Cliquer sur ce lien (ou le sélectionner pour l'ouvrir) pour avoir accès au tableau comparatif entre ces deux Yushania

Tableau_Comparatifs_Yushania____Copie

 

 

 

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1 février 2019

40- Chusquea andina

Article 40                               Chusquea andina

 

 Robert Kernin, le 01 février 2019

 

 

Photo 1 : Chusquea andina ‘Blue Andes’ 

photo 1- Chusquea andina 'Blue Andes'

          Le genre Chusquea, l’un des plus larges des Bambusoideae, regroupe plus de 120 espèces et est représenté exclusivement en Amérique du Sud., de Mexico à l’Amérique Centrale, au long des Andes jusqu’au Chili et l’Argentine, et dans l’est du Brésil. Des Chusquea ont été découverts jusqu’à 4000 m d’altitude.

          La reconnaissance végétative du genre est basée, dans un premier temps, sur des chaumes pleins et les formes multiples des bourgeons au niveau des nœuds, suivant les différentes espèces. Ce bourgeon se présentant souvent sous la forme d’un bourgeon principal, pouvant être entouré, flanqué ou sous-tendu de nombreux (souvent en dessous de 20), voir très nombreux (parfois dépassant 80), plus petits bourgeons indépendants. Cependant ces premiers éléments, bien qu’apportant un indice, ne sont pas réservés à ce seul genre. D’autres caractères, plus précis, au niveau de la floraison ainsi que des chromosomes, sont déterminants pour les botanistes.

          A noter que les chaumes de toutes les espèces de Chusquea sont pleins chez les sujets jeunes ou matures (photo 2)

photo 2 - Chaume plein de Chusquea andina

, mais les vieux chaumes, suite à la dégradation de la moelle, ont tendance à devenir irrégulièrement fistuleux.

          Le nom Chusquea , nommé ainsi en 1822 par Kunth, vient de Chusque, terme employé en Equateur et en Colombie pour désigner un bambou de haute altitude (McClure 1973).

          Au niveau des rhizomes, ces derniers peuvent être pachymorphes (cespiteux), leptomorphes (traçants), ou amphimorphes (à la fois cespiteux et traçants), selon les espèces, le premier cas étant le plus commun dans le monde des bambous, mais les leptomorphes étant les plus communs sous les climats tempérés. Toutefois plusieurs combinaisons sont possibles sous ces définitions, comme des rhizomes pachymorphes mais à cols longs, où des rhizomes leptomorphes devenant cespiteux sous un climat ou un sol ne leur convenant pas.

          Trois sous genres ont été crées pour les Chusquea : Swallenochloa, Rettbergia et Chusquea. Ces sous genre peuvent être eux-mêmes divisés en groupes. Ces différentes divisions prennent en compte des caractéristiques botaniques communes à chaque sous-genre et groupes, et facilitent d’autant l’identification de ces espèces pas encore très connues, mais, pour notre plus grand bonheur, fortement étudiées de nos jours. 

          Chusquea andina (photo 3) 

photo 3- Chusquea andina 'Blue Andes'

est originaire d’Amérique du Sud, du centre du Chili (anciennement département de Chillàn, région de Bíobío, entre 1800 et 2000m à la limite des neiges éternelles) et d’Argentine.

          Rusticité élevée pour cette espèce de haute altitude, il peut supporter -15°C (-20°) et de longues périodes de froid mais aussi de sècheresse. Ses chaumes, aux rhizomes pachymorphes, sont de couleur vert clair à vert jaunâtre (photo 4)

photo 4- Chaumes de Chusquea andina

, devenant parfois d’un beau jaune sous l’effet du soleil (photo 5)

photo 5- Chaumes de Chusquea andina

, atteignent une hauteur de 1 à 2m, sont très raides et portent des branches courtes de 7 à 30 cm, dressées (photo 6)

photo 6- Branches courtes de Chusquea andina

, portant des feuilles serrées et dressées également (photo 7)

photo 7- Branches et feuilles dressées chez Chusquea andina

. Un anneau assez large de couleur vert clair, et ayant tendance à foncer et noircir sur les vieux chaumes, se situe de part et d’autre de la cicatrice de gaine, s’arrêtant à la crête du nœud (photo 8)

photo 8- Anneau vert foncé de part et d'autre de la cicatrice de gaine de chaume chez Chusquea andina

. Etonnamment, des mêmes semis peuvent donner des plants à feuillage vert ou bleu. Cette forme au feuillage bleuté a été appelé ‘Blue Andes’(photo 9)

photo 9- Feuilles bleues de Chusquea andina 'Blue Andes'

. On retrouverait dans la nature ces deux sortes de plants. Le plant adulte observé fait 1.75 m de haut pour des chaumes de 1,2 cm de diamètre et a des feuilles bleues toute l’année. L’aspect de la touffe est dressé, avec des chaumes poussant à 45° en périphérie. Les entrenœuds sont pleins, non striés, dépourvus de sillon, lisses au toucher, et mesurent entre 8 et 16 cm. De nombreux sont sinueux, présentant une courbe prenant naissance en plein milieu (et non naissant au niveau du nœud comme c’est le cas pour d’autres espèces de bambou tous types confondus), et se finissant avant d’arriver au niveau du nœud (photos 10, 11 et 12).

photo 10- certains entrenoeuds sont sinueux chez Chusquea andina

photo 11- Sinuosités de certains entrenoeuds de Chusquea andina

photo 12- Entrenoeud sinueux de Chusquea andina

          Le nœud est renflé, sans excès (photo 13)

photo 13- Noeud renfle de Chusquea andina

.

          Les gaines de chaumes sont semi-persistantes, certaines tombant vite, d’autres se désagrégeant par la suite et complètement, et enfin certaines restant en place et se désagrégeant au fil des années (photos 14, 15 et 16)

photo 14- gaine de chaume de Chusquea andina

photo 15- Gaine de chaume de Chusquea andina

photo 16- Stries sur gaine de chaume de Chusquea andina

. La ligule est convexe (photo 17)

photo 17- Ligule de gaine de chaume de Chusquea andina

 

. La languette est petite et fine, dressée (photos 18 et 19)

photo 19- Face interne de la languette de gaine de chaume chez Chusquea andina

photo 18- Face externe languette de gaine de chaume Chusquea andina

. Le bourgeon a une forme d’artichaut vu de côté (photos 20 à 24).

photo 24- Bourgeon multiple de Chusquea andina

photo 23- Bourgeon de Chusquea andina

photo 22- Bourgeon multiple de Chusquea andina

photo 21- Chusquea andina- Bourgeon de branches

photo 20- Bourgeon de Chusquea andina

          Les branches naissent à partir du 5e nœud, aucune n’apparaît dominante (photo 25)

photo 25- Branches de Chusquea andina

. Elles se développent en perçant la gaine (photo 26)

photo 26- Naissance des branches de Chusquea andina

et en pointant vers le haut (développement extravaginal).

          Les feuilles sont fines et étroites, de 4 à 7,3 cm de long pour 0.5 à 0.8 cm de large (photo 27)

photo 27- Feuilles de Chusquea andina

, coriaces et ornées d’un liseré blanc sur leur pourtour, garni de crochets épineux longs et très acérés d’un côté, plus rares et non dressés de l’autre (photo 28)

photo 28- detail feuille de Chusquea andina, tessellation et liseret blanc

. Elles portent de 3 à 5 paires de nervures secondaires et sont très distinctement tessellées. Il y a de 5 à 8 feuilles par ramule, 5 et 6 étant les plus fréquents. Elles sont lisses face externe, et pourvues d’un duvet très court face interne. Leur couleur bleutée est très accentuée.

Les gaines foliaires sont parfois (rarement) ornées de quelques cils à l’apex (photo 29).

photo 29- Quelques rares cils sur l'apex des gaines foliaires de Chusquea andina

 

 

          Bien que Chusquea andina soit classée dans le même groupe que Chusquea culeou, groupe se caractérisant entre autres par un développement intravaginal des branches (écartant la gaine de chaume en grandissant) pour la plupart des espèces, les branches du plan étudié sont de style extravaginal (développement des branches perçant la gaine et pointant majoritairement vers le haut). Elles sont de diamètres et longueurs équivalents, comme les espèces de Chusquea appartenant au sous genre Swallenochloa, et aucune ne peut donc être considérée comme dominante.

 

Bibliographie :

- Judziewicz, E. J., Clark, L.G., Londoño, X., Stern, M. J., 1999. American Bamboos. Smithsonian Institution Press Washington and London, 392 p.

- Camus, E.-G., 1913. Les Bambusées. Monographie Biologie Culture Principaux usages. Paul Lechevalier éditeur. Paris, 215 p.

- Bertran, R., Kernin, R, Tréhin, L, 2016. Coup de Bambou. Locus Solus Editeur, 128 p.

 

Photos : Robert Kernin

4 septembre 2018

39- Les Gunneras

Article n°39

                    Les Gunneras   

                                  Robert Kernin, 02 septembre 2018

 

 

 

Photo 1 – Gunnera kilipiana 

photo 1- Gunnera kilipiana

 

          Avec cet article je déroge à la règle de ce blog qui est dédié normalement aux bambous. J’avais fait une première exception pour les fleurs des frangipaniers. Cet article devrait être unique, mais s’étoffera au cours des prochaines années, au fur et à mesure de la croissance des plants, et j’espère avec de nouvelles espèces, et bien sur de nouvelles photos.

 

          Concernant les gunneras voilà pas mal d’années que ces plantes ont attirées mon attention, et ayant l’occasion de faire un nouveau jardin, j’ai décidé de les mettre à l’honneur,

Mon expérience étant récente, je ne pourrai donner de conseils de culture, sinon qu’en été des arrosages importants et journaliers sont nécessaires, à moins de les planter en bordure de ruisseau. Dans mon jardin pas de ruisseau, mais un puits me donnant l’eau à volonté.

          Trois grands pommiers en bout de jardin m’ont permis de planter mes trois premiers plants de grands gunneras (3 espèces différentes) de manière  assez parfaite, c'est-à-dire de l’ombre en matinée et début d’après midi, puis soleil en milieu d’après midi. La terre est profonde, et l’ombre des pommiers permet qu’elle se maintienne fraîche et garde longtemps l’humidité des arrosages. Une 4e espèce de grand gunnera est en attente et ne sera mis en pleine terre qu’en 2019, voir 2010.

          Je parle de ‘grands’ gunneras car il existe aussi de nombreuses espèces de gunneras nains, ainsi que d’autres de taille moyenne.

          Je maintiens mes quatre espèces naines dans de grands pots. La situation idéale est identique aux autres espèces, situation ombragée la plupart du temps avec si possible un peu de soleil en cours de journée, en veillant à l’arrosage journalier également. Ces petites espèces semblent plus rustiques que les grandes. J’ai effectué des essais de culture en plein soleil, mais à la longue les feuilles brûlent entièrement ou partiellement sur leur contour. Ce qui confirme que la culture en situation ombragée est préférable.

          Enfin une espèce aux feuilles de taille moyenne, africaine, Gunnera perpensa, complète ma collection. Très vigoureuse, cette dernière perd presque la totalité de son feuillage à  – 6°C (sous tunnel), mais le redémarrage est assuré. En extérieur un plant s’est comporté de façon identique. Quelques feuilles ont subsisté à -6°C (des vents forts ont du même faire descendre la température au-delà), mais le redémarrage a été fulgurant. Ce plant est contre un muret en pierre au milieu du jardin, en plein soleil, ce qui fait sécher les feuilles en cas de canicule, mais d’autres naissent sans cesse. Le muret le protège des vents du nord. La culture en situation ombragée sera préférable.

 

Description et photos des 9 espèces de ma collection

 

:Espèces naines : Ces espèces forment des tapis et une fois installées s’étendent rapidement. Je les maintiens en pots, genre vasque, une terre profonde n’est pas nécessaire, exceptée pour maintenir l’humidité, car les racines restent en surface. Mes 4 espèces sont dans des pots de même fabrique et couleur, mais de taille différente, ce qui donne à l’œil un bel ensemble disposé en cascade, ou terrasses, de différentes hauteurs.

 

- gunnera cordifolia : (photos 2 à 4).

photo 2-Gunnera cordifolia

 

photo 3- feuillage en rosettes de Gunnera cordifolia

photo 4- feuilles vert clair de Gunnera cordifolia

Originaire de Tasmanie, les feuilles sont d’un vert clair très brillant, et forment des rosettes, mais relativement dressées, contrairement aux rosettes de g. hamiltonii qui sont aplaties. J’ai cette espèce depuis peu, elle a supporté sans aucun dégât un -6°C sous tunnel, mais j’attends de la reproduire pour faire des essais en extérieur, ce qui se fera en hiver 2018/2019. Ses feuilles atteignent 4,5 cm de large pour 3,5 cm de long.

 

- gunnera hamiltonii :

photo 5- Gunnera hamiltonii

photo 6- Feuillage en rosettes de Gunnera hamiltonii

photo 7- Face inférieure vert clair chez Gunnera hamiltonii

photo 8- Dentelures regulieres des bordures des feuilles de Gunnera hamiltonii

(photos 5 à 8). Oiginaire de Nouvelle Zélande, ce petit gunnera possède des feuilles formant des rosettes, de couleur kaki mélangé de brun (tout comme l’espèce précédente), de 3 cm de long par 2,5 cm de large. La face interne des feuilles est vert clair. Des petites dents, rappelant celles d’une lame de scie à métaux, très régulières, ornent le contour des feuilles. C’est l’espèce la plus délicate, il ne faudra pas l’arroser aussi abondamment que les autres et lui fournir un peu plus de soleil

 

- gunnera magellanica :

photo 9- Gunnera magellanica

photo 10- Feuilles vertes de Gunnera magellanica

photo 11- details feuilles Gunnera magellanica

(photos 9 à 11). Originaire d’Amérique du sud (Chili, Argentine, Equateur, Pérou, îles Falkand)), ses feuilles vert clair et brillantes, font entre 6 à 7 cm de largeur.

 

- gunnera prorepens :

photo 12- Gunnera prorepens

photo 13- Feuillage de Gunnera prorepens

photo 14- Floraison de Gunnera prorepens

photo 15- Hampe florale de Gunnera prorepens

photo 16- Floraison chez Gunnera prorepens

(photos 12 à 18). Originaire de Nouvelle-Zélande, cette espèce a des feuilles d’un vert kaki, parfois mélangé de brun, de forme ovoïde, atteignant

photo 17- Zoom floraison de Gunnera prorepens

photo 18- Zoom sur hampe florale de Gunnera prorepens

3,5 cm de long par 2,5 cm de large. Les faces externe et interne des feuilles sont de même couleur. Les bords des feuilles sont dentelés, mais de manière plus grossière et moins régulière que celles de G. hamiltonii.

 

 

 

Espèce moyenne : 

 - Gunnera perpensa :

photo 19- Gunnera perpensa

photo 20- zoom sur feuilles de Gunnera perpensa

photo 21- feuillage de Gunnera perpensa

photo 22- naissance d une feuille chez Gunnera perpensa

photo 23- hampe florale de Gunnera perpensa

(photos 19 à 29). Originaire d’Afrique du sud. Ses feuilles, vertes, atteignent 30cm de large. Croissance et développement rapides.

photo 24- detail hampe florale de Gunnera perpensa

photo 25- detail hampe florale chez Gunnera perpensa

photo 26- zoom sur hampe florale de G perpensa

photo 27- hampe florale de G perpensa

Un plant mis en terre en 2017 a passé l’hiver sans trop de problème,

photo 28- zoom sur hampe florale chez G perpensa

c'est-à-dire quelques feuilles restant vertes bien qu’abimées.

photo 29- detail chez Gunnera perpensa

J’ai relevé dans mon tunnel une température de -6°C, mais à l’extérieur plusieurs jours de vent très fort ont du faire chuter cette température, en ‘ressenti’. La vision de cordylines anciennes dans ma région, mais qui ont gelées lors de cet hiver, en dit long sur ce froid inhabituel. En tout cas ce gunnera perpensa est reparti en mars / avril, et très vigoureusement. Ses feuilles sont bordées de minuscules dents de couleur rouge.

 

Espèces géantes : Ayant trouvé toutes mes espèces de Gunnera récemment, aucune espèce géante n’est adulte, cependant des observations peuvent déjà être effectuées.

 

Gunnera kilipiana : (photos 30 à 36).

photo 30- naissance de la feuille de Gunnera kilipiana

photo 31- jeune feuille de Gunnera kilipiana

photo 32- nervure rouges chez Gunnera kilipiana

photo 33- jeune plant de Gunnera kilipiana

photo 34- feuille de Gunnera kilipiana

photo 35- feuille teinte de rouge chez Gunnera kilipiana

– voir aussi photo 1- Originaire du Guatemala. Surprenantes teintes des feuilles et des pétioles. Les

photo 36- feuille rouge lie de vin de Gunnera kilipiana

nouvelles feuilles sont rouges lie de vin, une merveille. Elles s’étalent en prenant des couleurs vert teinté de ce même rouge, alors que les nervures des feuilles et les pétioles conservent cette teinte rouge lie de vin. Le plant étant très jeune, il a passé l’hiver en véranda non chauffée, mais hors gel. Il devient de plus en plus beau ce printemps. Rusticité à tester. Mise en pleine terre prévue au printemps 2019 ou 2020. Les feuilles atteindraient 2 m de largeur. J’ai pu séparé un très jeune plant du pied mère, première opération à effectuer afin de doubler les chances de conservation de l’espèce. Il semble que plus les feuilles vieillissent et plus elles se colorent de rouge.

 

Gunnera manicata :

photo 37- Gunnera manicata

photo 38- jeune plant de Gunnera manicata

photo 39- Naissance de la feuille de Gunnera manicata

(photos 37 à 39).Originaire du Brésil. Ses feuilles peuvent attendre 2 m de largeur, voir plus. Elles sont vert plutôt clair, aplaties et plus majestueuses que celles du G. tinctoria. J’ai mis mon plant en terre au printemps 2018, l’avenir étant assuré avec la séparation de rejets.

 

 

 

Gunnera masafuerae :

photo 40- Gunnera masafuerae

photo 41- jeune plant de Gunnera masafuerae

photo 42- naissance de la feuille de Gunnera masafuerae

photo 43- Detail Gunnera masafuerae

(photos 40 à 43). Originaire des îles Juan Fernandez au large du Chili. Une feuille aurait  été mesurée à 2,90 m de largeur. Parmi toutes les espèces de Gunnera ce serait celle ayant la tige la plus épaisse. J’ai mis mon plant en pleine terre au printemps 2018. Durant l’hiver 2017/2018 il a été maintenu sous tunnel, en compagnie des autres espèces de Gunneras géants. Pas plus souffert que les autres à -6°C. Mais un rongeur a creusé dans son pot un superbe tunnel bien rond, et j’ai trouvé des bouts de racine en surface, sans pouvoir établir si ce rongeur s’est attaqué aux racines pour les manger ou bien pour se frayer un chemin. Le plant est reparti au printemps, avec des feuilles tronquées et poussant déformées, alors qu’un rejet dans le même pot poussait normalement. A part cette étrange réaction il semble vigoureux. Je compte le protéger particulièrement l’hiver prochain. J’ai pu prélevé 2 rejets jusqu’ici.

 

- Gunnera tinctoria :

photo 44- Gunnera tinctoria

photo 45- jeune plant de Gunnera tinctoria

photo 46- feuilles tres creuses chez Gunnera tinctoria

photo 47- nervures rouges chez les nouvelles feuilles de G tinctoria

photo 48- jeune feuille de Gunnera tinctoria

(photos 44 à 50). Originaire du Chili et de l’Argentine. Devant les nombreuses

photo 49- detail feuille de Gunnera tinctoria

conversations vues sur les sites internet concernant les différences entre G.

photo 50- naissance de la feuille de Gunnera tinctoria

tinctoria et G. manicata, et ayant été moi-même confronté à cette question, j’ai maintenant les 2 espèces, ce qui permet de voir de suite les différences les plus flagrantes. Chaque nouvelle feuille de G. tinctoria , du moins sur mon plant, possède des nervures d’un rouge très marqué, ce rouge s’estompant lors de la croissance de la feuille. Cette dernière, même à son terme de croissance, est très creuse, et c’est sans doute là la différence la plus flagrante, contrairement à celle de G. manicata qui est aplatie. Les nervures des feuilles de mon G. manicata sont vertes. Attention aux noms de ces gunneras, vendus dans les jardineries ou même chez les pépiniéristes, l’erreur la plus comune étant G. tinctoria vendu sous le nom de G. manicata. Je n’ai pas vu l’inverse mais cela doit se produire également. Pour conclure le vrai G. manicata semble plus difficile à trouver. Mon G. tinctoria se développe beaucoup plus vite, produisant de nombreux petits rejets, contrairement à mon G. manicata, qui émet des rejets mais en moins grand nombre.

Je l’ai mis en pleine terre ce printemps 2018, et compte protéger la souche l’hiver prochain (en le recouvrant par ses feuilles coupées au premier signe de froid, mais également en rajoutant d’autres moyen, voile ou paille).

Ses feuilles pourraient atteindre 1 m de large.

La question qui peut se poser : toutes les nouvelles feuilles de G. tinctoria ont-elles des nervures rouges, ou bien certains plants, selon la provenance géographique dans leur pays d’origine, n’ont pas ces nervures rouges ? 

 

          Avec cette dernière espèce prend fin le descriptif de ma collection de Gunneras. Afin d’agrandir cette collection je recherche d’autres espèces, en particulier Gunnera insignis que l’on commence à trouver en France mais à des prix restant élevés. Je suis favorable à des échanges de jeunes plants pour toute espèce ne figurant pas dans ma collection.

 

          En espérant que ces descriptifs et photos seront appréciés, je souhaite de bonnes cultures à tous les passionnés de cette famille.

 

8 avril 2018

38- Espèces de bambous recensées en Nouvelle-Calédonie Au cours des années 2009, 2014 et 2015

Article n°38-        Espèces de bambous recensées en Nouvelle-Calédonie

Au cours des années 2009, 2014 et 2015

et commentaires sur les espèces dites ‘envahissantes’

Robert Kernin, le 8 avril 2018

 

Chacune des espèces suivantes a déjà fait l’objet d’un article détaillé sur mon blog

 ‘Bambous passion’ : http://www.pseudosasa.canalblog.com/

 

Espèces endémiques

Greslania rivularis (photo 1)

photo 1- Greslania rivularis

Greslania circinata (photo 2)

photo 2- Greslania circinata

Greslania montana (photo 3)

photo 3- Greslania montana

 

 

 

Espèces introduites

Phyllostachys aurea (il est vraisemblable qu’il ait été confondu avec P.flexuosa. Ce dernier est peut-être sur l’île mais je ne l’ai pas rencontré. Dans toutes les zones que j’ai trouvées envahies par un Phyllostachys, il s’agissait de P.aurea (photo 4)

photo 4- Phyllostachys aurea

, se présentant sous divers aspects très dissemblables en taille (de 1,50m à 10 m) et en coloration selon l’environnement et l’exposition au soleil)

Phyllostachys nigra ‘punctata’(photo 5)

photo 5- Phyllostachys nigra 'Punctata'

Bambusa vulgaris (photo 6)

photo 6- Bambusa vulgaris

Bambaus vulgaris ‘Striata’(chaumes jaune striés de vert) (photo 7)

photo 7- Bambusa vulgaris 'Striata'

Bambusa balcooa (photo 8)

photo 8- Bambusa balcooa

Schizostachyum brachycladum(sous sa forme jaune à fines et rares striures vertes) (photo 9)

photo 9- Schizostachyum brachycladum

Dendrocalamus giganteus (photo 10)

photo 10- Dendrocalamus giganteus

Pseudosasa japonica (photo 11)

photo 11- Pseudosasa japonica

Bambusa multiplex (photo 12)

photo 12- Bambusa multiplex

Bambusa multiplex ‘Elegans’ (photo 13)

photo 13- Bambusa multiplex gr Elegans

Bambusa aff. indigena (photo 14)

photo 14- Bambusa aff indigena

Bambusa aff. rigida (photo 15)

photo 15- Bambusa aff rigida

Neohouzeaua sp. (photo 16). Le seul plant que j’ai vu au Parc Zoologique et Forestier 'Michel Corbasson' de Nouméa s’est desséché et est mort en 2013/2014. Je l’avais identifié dans ce genre mais une étude plus approfondie aurait été souhaitable. S’est-il desséché après floraison ?, des graines auraient-elles été récoltées ? L’espèce réapparaitra t’elle un jour ? Y a-t-il d’autres pieds en Nouvelle-Calédonie ?

 

          Je n’ai pas trouvé une autre espèce qui aurait été identifiée comme Dendrocalamus strictus et serait envahissante. Peut-être se trouve-t-elle dans le Nord.

 

          Une autre espèce, présente dans le Parc Zoologique et Forestier 'Michel Corbasson' de Nouméa, reste à identifier. C’est le plus gros des bambous du Parc, un géant, représenté par plusieurs touffes. Il s’agit vraisemblablement d’un Dendrocalamus, me semblant différent, au premier abord, de Dendrocalamus giganteus, et son étude devrait être des plus passionnantes à celui qui voudrait s’y prêter.  

          Un bambou semi-géant, que j’ai aperçu très brièvement, se trouve dans le parc du Centre Culturel Tjibaou, pas du côté d’où l’on arrive mais de l’autre, en contrebas du chemin longeant les grandes constructions représentant d’une forme contemporaine les cases Kanak. Ce bambou a des chaumes verts, et pourrait être la forme verte de Schizostachyum brachycladum, mais sous toute réserve. Qui l’étudiera ?.

 

          Une autre espèce, vue à Boulouparis dans le jardin d’une maison en vente en 2015, pourrait être Bambusa multiplex ‘Golden Godess’, mais je ne l’ai vu que de loin.

 

          Parmi les espèces introduites, seules Phyllostachys aurea et Bambusa vulgaris m’ont parues envahissantes, le Phyllostachys étant le plus redoutable vu son système de rhizomes traçants, et la facilité à le reproduire par éclat de touffe. Son éradication n’est plus du domaine du possible, vu d’une part la surface importante de certaines populations sur des flancs de collines difficilement accessibles, et d’autre part par sa dissémination dans les jardins et propriétés, on en voit aussi bien en campagne qu’en ville, dans les établissements publics comme dans les maisons des particuliers, souvent taillé en petites haies dans ce cas. En campagne il occupe parfois de grandes zones dans les vastes terrains entourant les maisons.

A noter que tous les Phyllostachys ne sont pas envahissants, certains trouvant en Nouvelle-Calédonie un climat qui ne leur convient pas, ce qui semble être le cas de Phyllostachys nigra ‘Punctata’ (ces espèces sont subtropicales et apprécient, pour un bon développement, une période de froid et même de gel.

 

Bambusa vulgaris étant d’une grande facilité à reproduire par tronçons de chaumes, sa multiplication s’explique par cette faculté. En cas de floraison les semis naturels sont eux aussi couronnés de succès facilement, on peut le constater surtout dans le nord de l’île. N’étant pas un bambou traçant mais cespiteux, son éradication ou son contrôle est plus aisé que le Phyllostachys.

 

Concernant Bambusa multiplex, je manque d’observations sur sa répartition. Je n’ai trouvé que quelques plants isolés dans des propriétés, excepté dans l’une où elle forme une haie importante. Mes observations ont surtout été effectuées dans le Sud, et il est tout a fait possible que ce bambou trouve des conditions idéales dans le Nord, particulièrement côté Est. où chaleur et humidité sont présentes.

 

Bambusa balcooa se limite à quelques propriétés, mais est beaucoup plus difficile que Bambusa vulgaris à reproduire par tronçon de chaume. D’autre part s’il fleurissait, la reprise de semis naturels est réputée difficile chez cette espèce. Il ne présente donc pas du tout les mêmes risques d’envahissement que les 2 espèces précédentes. En cas de floraison, il serait même utile de prélever des graines et de faire des semis, afin que l’espèce soit conservée sur l’île. Elle pourrait constituer une culture sous contrôle, aussi bien pour ses chaumes utilisables en construction, que pour ses jeunes pousses, source de revenus maraichers, ceci sans risquer l’envahissement naturel par rhizomes ou semis ou du fait de tronçons de chaume ou d’éclats de touffe, comme les 2 autres espèces précédentes Ph.aurea et B.vulgaris.

 

Le cas de Dendrocalamus giganteus se rapproche de celui de Bambusa balcooa. Ses chaumes, de diamètre énorme (entre 20 et 27cm couramment), sont de plus constitués de fibres très denses non attaquées par les insectes. Son bois peut être directement utilisé dans la construction de mobilier, et bien sur dans la construction. Ses turions sont utilisés en cuisine sous divers aspects. Très difficile à reproduire par tronçon de chaume. C’est le grand ‘bambou bleu’, ses nouveaux chaumes étant recouverts de pruine, que l’on rencontre ici et là. S’il fleurit, ses semis ne sont pas aussi prolifiques que ceux de Bambusa vulgaris. Une espèce à conserver, ayant un impact positif, sans se montrer envahissante.

 

Ces espèces sont largement utilisées pour en faire des tuteurs dans les cultures (Phyllostachys), des poteaux, ainsi que des pergolas afin d’ombrager certaines cultures. Les jeunes turions de B.vulgaris,  B.balcooa et Dendrocalamus sont utilisés pour en faire des achards, excellents d’ailleurs. Les gros chaumes de ces 3 espèces sont utilisés dans les constructions sommaires mais d’une grande utilité, tant pour les habitations que pour les cultures.

 

A ce jour, tous les bambous que j’ai étudié/identifiés en Nouvelle-Calédonie ont déjà faits l’objet d’un article sur le blog, espèces endémiques et introduites.

Il va sans dire qu’il reste un grand travail à effectuer sur les bambous introduits et bien d’autres espèces doivent se trouver sur le ‘Caillou’.

 

Quand aux bambous endémiques, pourquoi pas une 4e espèce à découvrir ?

 

Remerciements :

          Je remercie vivement Vanessa Hequet (IRD Nouméa), Amuldena Lorenzo (Parc Zoologique et Forestier 'Michel Corbasson' situé à Nouméa) et Stéphane Lardy (Parc Zoologique et Forestier 'Michel Corbasson' de Nouméa) pour leur aide et les photos transmises concernant les turions de Bambusa aff. rigida. (voir article n°37 sur le blog)

 

Bibliographie:

- Camus, E.-G., 1913. Les Bambusées. Monographie Biologie Culture Principaux usages. Paul Lechevalier éditeur. Paris, 215 p

 

- Ohrnberger, D., 1999. The Bamboos of the World, Annotated Nomenclature and Literature of the Species and the Higher and Lower Taxa. Elsevier,Amsterdam, The Netherlands.585 p.

 

- Seethalakshmi, K. K., Muktesh Kumar, M. S., Sankara Pillai, K., Sarojam, N., 1998. Bamboos of India, a Compendium.  Peechi Bamboo Information Centre, India, Kerala Forest Research Institute [u.a.], 1998, 342 p.

 

- Wang, D., Shen, S-J., 1987. Bamboos of China. Timber Press, Portland, Oregon, 167 p.

 

- Zhu, S., Ma, N., Fu, M., 1994. A Compendium of Chinese Bamboo, China Forestry Publishing House. 242 p.

 

Internet:

- Le site de Kew, base de données en ligne donnant accès à des milliers de descriptions, est un véritable trésor. Pour y accéder tapez sur un moteur de recherche :

rgb grass base kew grassbase.

 

Vous obtenez la rubrique (entre autres) :

RGB Kew: GrassBase – The Online Grass Flora – Kew Gardens

 

Dans cette rubrique vous sélectionnez ‘Descriptions’, puis, concernant les bambous et autres poacées, Grassbase-home (partie droite de la fenêtre)

 

Dans la nouvelle fenêtre qui apparaît, vous sélectionnez, en plein texte :

 11.000 species descriptions

 

Vous n’avez plus qu’à sélectionner l’espèce recherchée dans les noms cités par ordre alpha.

 

6 avril 2018

37 - Bambusa aff. rigida - Espèces de bambous introduites en Nouvelle-Calédonie

 

Article n° 37                                                                 Bambusa aff.rigida

     Synonyme : Bambusa stipitata

 

                                                                             Robert Kernin, le 03 avril 2018

 

 

          Cette espèce a été introduite en Nouvelle-Calédonie et on peut l’admirer au Parc Zoologique et Forestier 'Michel Corbasson' situé à Nouméa. Je l’avais baptisé ‘sp.1 Parc Forestier Nouméa’ en attendant de pouvoir l’identifier (photo 1).

photo 1 - Bambusa aff rigida

 

          J’ouvre une parenthèse concernant ce genre de recherches : pour un amateur il n’est pas facile d’accéder aux descriptions originelles des plantes, bambous ou autres. Le fait d’accéder aux descriptions originelles pose un problème : la traduction ! Si certaines langues nous sont aisément compréhensibles, beaucoup d’autres le sont moins ou pas du tout.

          Outre les livres ‘grand public’ ou bien ceux un peu plus spécialisés, internet est une source formidable pour ces documents, mais, tout comme les livres, des erreurs peuvent être commises, particulièrement dans les traductions des descriptions originelles, mais également dans la transcription.  En exemple les feuilles d’un petit bambou américain, Chusquea pinifolia, dont la largeur des feuilles était indiquée sur internet 2cm au lieu de 2 mm (je dis bien 2 millimètres).

          Les herbiers, conservés dans les instituts botaniques de tous les pays, sont une base de toute recherche un peu poussée, et ont la particularité d’être accessibles à tout un chacun sous réserve d’une autorisation, mais je n’ai consulté aucun herbier pour le bambou de cet article.

          Pour conclure, je précise donc que mes recherches, concernant ce bambou sp.1 faisant l’objet de cet article, ont abouties à identifier Bambusa rigida, mais dans les 137 espèces de Bambusa sélectionnées au départ il est possible que j’en ai éliminé suite à des descriptions erronées, et ce malgré toutes mes bases de données.

 

          Ses principales caractéristiques le désignait comme faisant partie du genre Bambusa.

Pour déterminer l’espèce, j’ai suivi le schéma suivant :

 

1- Une première sélection basée sur la taille des chaumes et leur aspect général, en laissant une marge très large. Sur un total de 137 espèces du genre Bambusa décrites à ce jour, il en est resté 68.

 

2 – Une deuxième sélection basée sur divers caractères : taille des feuilles, présence ou non d’oreillettes de gaines de chaumes, taille des oreillettes des gaines de chaumes, forme de l’apex de la gaine de chaume, hauteur de la ligule de gaine, longueur et forme des entre-noeuds des chaumes, aspect des nœuds de chaumes. Sur 68 espèces il en est resté quatre:

- B. cerosissima, B. Gibba, B. pachinensis et B. rigida.

 

Remarque: outre ces 4 espèces, une autre espèce, Bambusa textilis, présente de fortes ressemblances au premier regard, et on pourrait la confondre. Une observation plus approfondie permet de noter les différences suivantes, parmi d’autres :

- oreillettes de gaines de taille équivalente chez B. textilis, contre des oreillettes dissemblables en taille et en forme chez B. rigida.

- ligule de gaine de chaume d’une hauteur de 1 à 2 mm chez B. textilis, contre 2 à 4 mm chez B. rigida.

 

 

3- Sélection de certaines caractéristiques suite à une étude approfondie de chacune de ces quatre espèces, certains détails étant plus déterminants que d’autres.

 

- B. cerosissima –

-diffère de sp.1 par ses languettes de gaines de chaumes non dressées, retombantes et intensément sombres

- diffère par le nombre des ses feuilles par ramule (4 à 8 contre 6 à 13 pour le sp.1).

- oreillettes de gaines de chaumes (et non des turions) longues et étroites contre des oreillettes de forme plus ou moins ovales rondes./elliptiques et de forte taille chez le sp.1  

- anneau de la cicatrice de gaine large contre un anneau fin chez le sp.1.

 

- Bambusa gibba

- entre-nœuds 20/25 cm de long contre 23/45 cm chez le sp.1

- diamètre entre-nœuds 5/6 cm contre 4/5,3 cm chez le sp.1

- ligule de gaine de chaume 1 à 2 mm de haut contre 3 à 4 mm chez le sp.1

- feuilles 15/20 cm x 2 à 3,5 cm de large contre 11 à 32 cm x 1,6 à 3,3 cm de large chez le sp.1

 

- Bambusa pachinensis

 - entre-nœuds 10/70 cm contre 23/45 chez le sp.1

- feuilles 8/20 cm contre 11/32 cm chez le sp.1

- gaines foliaires densément pubescentes contre glabres ou poils discrets chez le sp.1

- pruine très légère contre pruine dense chez le sp.1

 

- Bambusa rigida

- La description de cette espèce indique que ses gaines de chaumes sont pubescentes. Je n’ai pas pu observer de près une gaine fraiche du sp.1, Les gaines qui se détachent sont glabres. Par contre les gaines fraiches des branches naissantes sont en partie pubescentes, devenant très vite glabres, ce qui peut laisser supposer qu’il en est de même pour les gaines de chaume fraiches.

- entre-noeuds 23/45 cm de long, idem sp.1 

- ligule 2/4mm, idem sp.1

- oreillettes de gaines, l’une elliptique et l’autre ovale, idem sp.1

- feuilles 8 à 24 cm de long par 8 à 27 mm de large contre 11 à 32 cm de long par 1,2 à 3,3 mm de large chez le sp.1

- feuilles : zone près du pétiole, face dorsale, pubescente, idem sp.1

- pruine sur chaumes, idem sp.1

- pruine plus dense sur la partie de l’entre-nœud entourée par la gaine, idem sp.1

 

          Au vu des résultats de ces comparatifs, seule la pubescence des gaines de chaumes, par défaut d’observation, pose problème pour B. rigida, ce qui laisse un doute sur l’identification. La taille des feuilles est très légèrement plus importante chez le sp.1, mais pas assez pour en faire un élément éliminatif, et de plus les proportions longueur/largeur se ressemblent. Ces deux détails, rajoutés au problème de l’identification dont j’ai parlé au tout début de cet article, font que je fais précéder ‘aff’ (affinités) devant le nom d’espèce, indiquant que ce bambou a vraiment beaucoup de points correspondants à la description de B. rigida, mais qu’il y a néanmoins un doute sur son identification.

 

 

          Bambusa rigida est originaire de Chine, de la Province du Sichuan principalement, où il est couramment cultivé autour des villages. On le trouve également au Yunnan.

          Une mesure précise d’un chaume a donné 11,30m, le plant étudié culmine donc entre 10 et 12 m, pour un diamètre maximum de 5,3 cm, et couramment entre 4 et 4,5 cm (photo 2).

photo 2- diametre des chaumes de B aff rigida

Il est possible que certains chaumes inaccessibles soient d’un diamètre légèrement supérieur.

          L’aspect général est érigé, le haut des chaumes ne retombant pas ou très peu (photo 3).

photo 3- haut des chaumes non retombants chez B aff rigida

          Une pruine épaisse, dense, blanche, recouvre la moitié inférieure des entre-nœuds (partie recouverte par la gaine) des nouveaux chaumes, tandis que la partie supérieure de l’entre-nœud est couverte par une pruine bien plus légère en général (photos 4 et 5)

photo 4- Nouveaux chaumes de B aff rigida

.

photo 5- Pruine sur entre-noeuds de B aff rigida

 

          Les entre-nœuds sont creux dès la base, et ne sont pas compressés. Leur paroi est épaisse, en exemple pour un diamètre de 3,5 cm, épaisseur paroi de 1 cm. Leur longueur varie de 23 à 45cm. En exemple des mesures prises sur un chaume, en commençant par la base :

23/28/32/36,5/38,5/43 cm. Quelques entre-nœuds inaccessibles doivent être un plus longs mais pas de beaucoup. Ils sont non striés (les stries apparentes sont celles laissées par les gaines de chaume dans la pruine épaisse) et le sillon internodal est absent.

          La couleur des chaumes âgés est vert moyen, légèrement brillant (photo 6).

photo 6- ancien et nouveau chaume de B aff rigida

 

Les nouveaux chaumes sont également vert moyen sous la pruine, mais apparaissent blancs et vert blanchâtre du fait de cette dernière (photos 7,8 et 9).

photo 7- Nouveau chaume de B aff rigida

  

photo 8 - Pruine plus epaisse sous la gaine de chaume chez B aff rigida

 

photo 9- Pruine epaisse sous les gaine de chaumes chez B aff rigida

       Lorsque la pruine est partie, ils sont lisses au toucher.

 

GAINES DE CHAUME

Exemple d’une gaine prise sur un entrenœud de 42cm de long et de 4.1cm de diamètre : hauteur de la gaine : 20.3cm

Largeur à la base : 21cm

Largeur à l’apex : 9cm

Côtés asymétriques à l’apex (l’un plus bas que l’autre) (photo 10).

photo 10- Gaine de chaume de B aff rigida

Coloration : gaine âgée crème beige, gaine fraîche vert clair/-jaunâtre (photos 11 et 12),

photo 11- Gaine de chaume de couleur verte chez B aff rigida

photo 12- Gaine de chaume fraiche de B aff rigida

 

les bords sont discrètement soulignés par une bande jaunâtre brun clair (photo13).

photo 13- Fine bande jaune sur les bords de gaine de B aff rigida

Rarement, une strie fine blanc crème peut se voir sur le dos d’une gaine.

Certaines gaines fraîches ont tendances à prendre une couleur orange, pas très vif, avant de sécher.

 A noter que la languette de gaine sèche très vite, et beaucoup ont leur extrémité déchirée, alors que la gaine est encore verte (photo 14).

photo 14- Extremite de la languette de gaine de chaume souvent déchiree chez B aff rigida

Elles sont caduques.

Les gaines âgées sont glabres des 2 côtés. Je n’ai pas pu accéder à une gaine fraîche, et les photos de ces dernières, prises de trop loin, ne permettent pas de préciser si elles sont pubescentes ou glabres.

Par contre, les observations sur les gaines des branches naissantes permettent de constater la présence de poils denses sur certaines parties de la gaine (photo 15),

photo 15- gaines des branches sont pubescentes chez B aff rigida

poils très vite caduques, laissant supposer que les gaines de chaume fraiches en sont également pourvues.

Traces légères de pruine sur certaines gaines fraiches.

Au toucher, les gaines âgées sont lisses, épaisses, pas particulièrement cassante sauf si on essaie de les aplatir, mais sans plus.

Présence d’oreillettes, les deux étant fortes mais l’une plus que l’autre, bordées de longs cils blancs brun clairs (photos 16, 17, 18 et 19).

photo 19- oreillette arrondie de B aff rigida

photo 18- Oreillette elliptique de B aff rigida

photo 17- Oreillettes inegales sur gaines de chaume de B aff rigida

photo 16- Oreillette de gaine de chaume de B aff rigida

Exemple pour la gaine de référence (20.3cm haut x 21cm largeur base x 9cm largeur apex) l’oreillette la plus forte des 2 mesure 1.8cm de hauteur x 2.8cm de long, et la plus petite des 2 mesure 1.4 de hauteur x 1.5cm de long. Elles sont donc de taille et de forme différente, sans excès.

Ligule de gaine convexe, finement frangée de petits cils blancs de 1 à 2mm, régulière, haute de 3 à 4mm (photo 20).

photo 20- ligule de gaine de chaume de B aff rigida_modifié-1

Languette : très souvent déchirée et incomplète à son extrémité, même au stade relativement frais.

Longueur sur la gaine déjà mesurée (gaine de 20.3cm hauteur x 21cm de largeur base x 9cm de largeur à l’apex) : 9cm de hauteur x 6.5cm de largeur.

La base de la languette est large mais un peu moins que l’apex de la gaine (photo 21).

photo 21 - Languette de gaine de chaume de B aff rigida

Elle est dressée. Quelques poils noirs épars sont visibles sur les 2 faces.

Cicatrice de gaine : nette, formant un anneau fin de ‘liège’, et un peu plus proéminente que le nœud (photos 22 et 23).

photo 22- Noeud de chaume de B aff rigida

 

photo 23- Cicatrice de gaine de B aff rigida

BRANCHES

Longueur/ entre 1m et 2.30m en moyenne (photo 24).

photo 24- Branches de B aff rigida

Apparaissent dès le 3e ou plus souvent vers le 5e nœud (photo 25).

photo 25- Branches au 3e, 4e ou 5e noeud chez B aff rigida

Une branche dominante, puis 2 paires de secondaires, puis d’autres plus petites, mais à noter que, assez souvent, l’une des 4 branches secondaires reste dormante, comme on peut le voir sur cette photo (photo 26).

photo 26- Aspect des branches chez B aff rigida

Une dizaine de branches, toutes tailles confondues, semblent se développer dans un premier temps, toutes en même temps (photo 27).

photo 27- developpement des branches de B aff rigida

La dominante est très légèrement remontante ou horizontale (photo 28),

photo 28- naissance des branches chez B aff rigida

exceptionnellement elles sont remontantes à leur naissance (photo 29).

photo 29- Branches rarement remontantes chez B aff rigida

Les secondaires sont horizontales ou légèrement retombantes, alors que les tertiaires et autres petites sont retombantes (photo 30).

photo 30- branches horizontales et retombantes chez B aff rigida

Le bourgeon est arrondi (photo 31)

photo 31- bourgeon de branches chez B aff rigida

 

FEUILLES

Aspect général : longues et fines (photos 32, 33, 34 et 35)).

photo 32- feuillage de B aff rigida

photo 33- feuilles fines de B aff rigida

photo 34- Feuilles de B aff rigida

Longueur et largeur : la plus longue 32cm x 3.3cm de large.

Autres mesures : 31 x 3cm / 30 x 2cm / 28.5 x 2.7cm / 23.5 x 1.3cm /

photo 35- Longues et fines feuilles de B aff rigida

17.5 x 1.2cm / 16 x 1.4cm / 11 x 1.6cm /

Non tessellées.

Nombre de nervures secondaires : 8 paires sur les plus grandes feuilles, parfois nettes et parfois pas très discernables.

Longueur du pétiole 2 à 5mm, cette dernière longueur restant exceptionnelle.

Nombre de feuilles par branche : de 6 à 13, avec tous les nombres possibles sans qu’aucun soit dominant (6/7/8/9/10/11/13) – (photos 36 à 42)

photo 36 - ramule porteuse de 6 feuilles chez B aff rigida

photo 37- ramule de 7 feuilles ( a gauche) chez B aff rigida

photo 38- ramule de 10 feuilles chez B aff rigida

Lisses et glabres face supérieure, exceptées à la naissance de la nervure centrale, le long de celle-ci, sur quelques centimètres et sur les feuilles

photo 39- ramule de 11 feuilles chez B aff rigida

photo 40- Ramule de 12 feuilles chez B aff rigida

photo 41 - ramule de 12 feuilles chez B aff rigida

photo 42- ramules avec feuilles de B aff rigida

fraîches (base de la feuille) où des poils blancs sont visibles, surtout après grossissement des photos (photo 43).

photo 43- Poils discrets face superieure le long de la nervure centrale et uniquement à sa naissance chez B aff rigida

Très légèrement duveteuse face inférieure par la présence de petits poils blancs (visibles à la loupe binoculaire), clairsemés au milieu de la feuille et plus denses sur les bords ainsi qu’autour de la nervure centrale.

Coloration : vert foncé brillant dessus, même vert mais mat dessous.

Présence de petits crochets sur tout un côté, très accrocheurs et rapprochés. Sur l’autre côté les mêmes crochets sur la moitié inférieure de la feuille et moins présents ou accrocheurs sur la moitié supérieure.

Les gaines foliaires sont glabres, et garnies de 2 oreillettes ciliées (longs cils blancs de 1cm), l’une plus forte que l’autre mais la différence n’étant pas très grande, de couleur brun jaune (photos 44 à 47).

photo 44- gaines foliaires de B aff rigida

photo 45- Oreillette ciliee de gaine foliaire chez B aff rigida

 

TURIONS

          Pas de turion observé un 19 avril, jour de mon étude de ce bambou, mais

photo 46- detail oreillette de gaine foliaire chez B aff rigida

des nouveaux chaumes déjà bien

photo 47- zoom sur oreillette de gaine foliaire de B aff rigida

développés. Finalement, grâce aux  observations d’amis du Parc, leur sortie a lieu de mi- février à fin mars.

En mars 2018, des photos de turions naissants et de plus grands turions m’ont été transmises par Stéphane Lardy et Amuldena Lorenzo (Photos 48 à 56)

photo 48- developpement du turion de B aff rigida

Les observations de ces photos viennent

photo 49- très jeune turion de B aff rigida

photo 50- Jeune turion de Bambusa aff rigida

photo 51- turion de Bambusa aff rigida

conforter la détermination du genre (languettes de gaines collées au chaume, présence de grandes oreillettes) et ne contredisent pas l’espèce.

 

 

photo 52- Jeune turion de B aff rigida

 

photo 53- Bouquet final du turion de Bambusa aff rigida

 

photo 54- turion de 2m de Bambusa aff rigida

RHIZOMES :   bambou cespiteux

 

Remerciements :

          Je remercie vivement Vanessa

photo 55- grand turion de 2m de haut de B aff rigida

Hequet (IRD Nouméa), Amuldena Lorenzo et Stéphane Lardy (Parc Zoologique et Forestier 'Michel Corbasson' situé à Nouméa) pour leur aide et les photos transmises concernant les

photo 56- partie superieure d un turion de 2m de haut de Bambusa aff rigida

turions (photos 48 à 56).

 

Bibliographie:

- Camus, E.-G., 1913. Les Bambusées. Monographie Biologie Culture Principaux usages. Paul Lechevalier éditeur. Paris, 215 p

 

- Ohrnberger, D., 1999. The Bamboos of the World, Annotated Nomenclature and Literature of the Species and the Higher and Lower Taxa. Elsevier,Amsterdam, The Netherlands.585 p.

 

- Seethalakshmi, K. K., Muktesh Kumar, M. S., Sankara Pillai, K., Sarojam, N., 1998.Bamboos of India, a Compendium.  Peechi Bamboo Information Centre, India, Kerala Forest Research Institute [u.a.], 1998, 342 p.

 

- Wang, D., Shen, S-J., 1987. Bamboos of China. Timber Press, Portland, Oregon, 167 p.

 

- Zhu, S., Ma, N., Fu, M., 1994. A Compendium of Chinese Bamboo, China Forestry Publishing House. 242 p.

 

Internet:

- Le site de Kew, base de données en ligne donnant accès à des milliers de descriptions, est un véritable trésor. Pour y accéder tapez sur un moteur de recherche :

rgb grass base kew grassbase.

 

Vous obtenez la rubrique (entre autres) :

RGB Kew: GrassBase – The Online Grass Flora – Kew Gardens

 

Dans cette rubrique vous sélectionnez ‘Descriptions’, puis, concernant les bambous et autres poacées, Grassbase-home (partie droite de la fenêtre)

 

Dans la nouvelle fenêtre qui apparaît, vous sélectionnez, en plein texte :

 11.000 species descriptions

 

Vous n’avez plus qu’à sélectionner l’espèce recherchée dans les noms cités par ordre alpha.

20 décembre 2017

36 - Bambusa aff. indigena - espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

Article 36 -                   Bambusa aff. indigena - espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

 

              Robert Kernin, le 20 décembre 2017

 

 

          Ce bambou est présent dans une grande propriété de Nouvelle-Calédonie. L’étude que j’en ai faite a permis de l’identifier comme étant du genre Bambusa, et la comparaison entre les 139 espèces recensées dans ce genre (+ les variétés) m’a permis de sélectionner 4 noms possibles : B. chunii, B. corniculata, B. cornigera et B. indigena. 

          En poussant les comparaisons, seul Bambusa indigena correspond, avec cependant un détail à résoudre, du fait que j’ai trouvé 2 descriptions contradictoires concernant les feuilles, à savoir :

     - face inférieure des feuilles est indiquée comme pubescente dans une description (ce qui est le cas de mon spécimen). Rien n’est dit sur la face supérieure, laissant logiquement penser qu’elle n’est pas pubescente (ce qui est le cas de mon spécimen).

     -  dans une autre description, c’est la face supérieure qui est déclarée pubescente, et rien n’est dit sur la face inférieure. 

          Bien que certaines descriptions, sur les 139, aient été sommaires, elles m’ont tout de même permis en procédant par élimination, de ne garder que 4 espèces pour examen approfondi. Du fait du doute concernant la pubescence des feuilles, je fais précéder le nom d’espèce de ‘aff.’, - abréviation de ‘affinis’ - indiquant donc qu’il y a un doute sur le nom d’espèce mais qu’il y a affinités avec l’espèce nommée. Tout essai d’identification d’une espèce étant lié aux descriptions que l’on arrive plus ou moins à se procurer, et malgré que mes recherches me laissent supposer que cette espèce est Bambusa indigena, je serai heureux de communiquer mes fiches de renseignements à toute personne se proposant d’étudier ce bambou en Nouvelle-Calédonie. On peut me joindre, entre autres, en mettant un message sur ce blog. Je me ferai un plaisir alors d’indiquer l’endroit où l’on peut voir ce bambou.

 

          Bambusa indigena est originaire des provinces du Guangdong et du Hainan en Chine. La hauteur de ses chaumes est donnée entre 10 et 14 m pour des diamètres entre 4 et 5 cm.

          Nous ne sommes pas ici en présence d’un ‘géant’ à l’aspect massif, mais d’une grande espèce aux chaumes relativement fins (photo 1)

photo 1- Bambusa aff indigena

. La hauteur des chaumes sur le pied étudié en Nouvelle-Calédonie est de 10 à 11 m pour les plus grands, pour un diamètre maximum relevé de 6,1 cm au 8e entre-noeud (5,6cm au 5e entre-nœud sur le même chaume), et de 4 à 5 cm en moyenne (photo 2)

photo 2- Ericson IAPHUT pres de Bambusa aff indigena

. Les chaumes du centre sont assez érigés, ceux de la périphérie étant inclinés à 45° environ, comme c’est souvent le cas chez les bambous cespiteux. Une pruine légère est visible sur certains nouveaux chaumes (photo 3)

photo 3- legere pruine sur les nouveaux chaumes de B aff indigena

, d’autres ne sont pas pruineux et leur couleur est alors vert moyen, plutôt foncé avec une légère brillance (photo 4)

photo 4- nouveaux chaumes vert fonce brillant de B aff indigena

, puis ils deviennent vert clair et mat en vieillissant, alors que ceux exposés au soleil tournent au jaune délavé (photo 5)

photo 5- chaumes recents vert fonce et chaumes âges vert clair chez B aff indigena

.

          Les entre-nœuds de la base ne sont pas du tout compressés, et certains présentent de légers zig-zags entre eux (photo 6)

photo 6 - entre noeuds a la base non compressee et en legers zig zag chez B aff indigena

. Quelques longueurs relevés sur un chaume de 5,9cm de diamètre, en partant de la base : 8 / 21 / 26 / 30 / 31 / 33 / 35 / 36 / 36, cette dernière longueur étant le maximum relevé sur le plant. Ils ne sont pas striés et le sillon inter nodal est absent. Ils sont lisses au toucher. Présence d’un anneau blanc en partie supérieure du nœud, et d’un anneau brun clair en partie inférieure, sous la cicatrice de gaine (photo 7)

photo 7- Noeud de B aff indigena

.

 

          Les gaines de chaume (photo 8)

photo 8- Gaine de chaume de B aff indigena

, caduques, ont les épaules asymétriques, l’un des côtés étant plus haut et plus long que l’autre (photo 9)

photo 9 - detail apex gaine de chaume de B aff indigena

. Exemple de mesures : 24 cm de haut, pour une largeur de base de 29,5 cm et une largeur à l’apex de 11,5 cm.

          La couleur des gaines fraîches est le vert clair, parfois (rarement) striée de fines bandes blanc/crème/jaunâtre nettement marquées (photo 10)

photo 10- Gaine de chaume de B aff indigena

, et plus fréquemment de bandes de différents vert jaunâtres diffuses (photo 11)

photo 11- gaines parfois striees de B aff indigena

. En vieillissant ces gaines deviennent  parfois orangées (photo 12)

photo 12- gaines de chaume devenant orange chez B aff indigena

 

puis brun clair en séchant. Elles sont finement striées et lisses au toucher photo 13)

photo 13- gaine finement striee et lisse chez B aff indigena

 

, bien que leur face dorsale soit garnie de minuscules poils blancs clairsemés, mais à peine décelables au toucher. La face interne est glabre. Absence de pruine sur les 2 faces.

          Présence d’oreillettes, ornées de longs cils brun clair ou blancs (photo 14)

photo 14 - Oreillette ciliee de gaine de chaume chez B aff indigena

. Elles sont de tailles différentes, la plus petite étant parfois minuscule (photo 15)

photo 15- difference de taille des oreillettes chez B aff indigena

. Exemple de taille sur une même gaine : grande oreillette 1.3cm, arrondie à son extrémité mais de forme générale un peu allongée, la plus petite 4 mm. Les cils sont nombreux, et se prolongent d’une part sur les bords inférieurs de la languette (photo 16)

 

photo 16- Cils de l'oreillette se prolongeant sur base languette chez B aff indigena

, et d’autre part sur les bords de la gaine de chaume (sous forme de minuscules cils très courts), sur quelques centimètres seulement, la gaine ayant ensuite des bords non ciliés.

          Ligule fortement convexe formant un angle accentué en son milieu, très nette et régulière sur toute sa longueur, d’une hauteur de 3 à 5mm, bordée de très petits et fins cils blancs (photo 17)

photo 17- Cils blancs bordant la ligule de gaine de chaume chez B aff indigena

 

  Un de ses côtés plus long que l’autre, suivant en cela la forme asymétrique de l’apex de la gaine .

          Languette : hauteur 16.5cm, largeur à la base 11.5cm pour une gaine de chaume de 24 cm de haut pour 29.5 de largeur à sa base. Cette languette est dressée, fortement striée, triangulaire, la largeur de sa base étant parfois aussi large que l’apex de la gaine (photo 18)

photo 18- Languette de gaine de chaume de B aff indigena

. Présence de longs cils blancs/brun clair sur les côtés de la partie inférieure de la languette, ces cils se raccourcissent en remontant. Présence de longs cils blancs très fournis sur la base interne de cette languette, sur les côtés seulement et disparaissant en se rapprochant du centre (photo 19)

photo 19- Cils blancs face interne a la base de la languette chez B aff indigena

. Présence de rares poils brun foncé à brun moyen, diffus, sur sa face interne (à observer à la loupe x 10). Présence de minuscules poils blancs, clairsemés mais plus nombreux que ceux de la face interne, sur sa face externe. On retrouve ces mêmes poils sur la face dorsale de la gaine de chaume, mais ils sont plus nombreux sur la languette.

          La cicatrice de gaine est fimbriée, très légèrement proéminente par rapport au nœud (photo 20)

photo 20- Cicatrice de gaine de chaume de B aff indigena

.

 

Les branches :

          La couleur de certains bourgeons est surprenante, une sorte de rouge / rose, très intense et net (photos  21, 22 et 23).

 

photo 21- Bourgeon de branche chez B aff indigena

photo 22- Zoom sur bourgeon de branche chez B aff indigena

photo 23- autre bourgeon de branche de B aff indigena

 

          Les branches apparaissent dès le 2e ou 3e nœud. Elles mesurent de 1 m à 2,30 m.

          Aux premiers nœuds seule la branche principale est bien développée, alors que les 2 branches secondaires restent très courtes et forment des sortes de longues épines, recourbées modérément vers le bas, pas très dures, leur extrémité se cassant facilement (photo 24)

 

photo 24- Branches de Bambusa aff indigena

.

          Plus haut sur le chaume le schéma général est comme suit : une branche dominante, restant rarement dormante, encadrée de 2 branches secondaires moins épaisses, puis de 2 paires de branches latérales plus fines que les secondaires, puis jusqu’à 3 autres paires de petites branches, ces dernières embrassant le chaume et pointant vers l’arrière (photos 25 à 28)

photo 25- branches chez B aff indigena

photo 26- détails branches de B aff indigena

photo 27- Branches de B aff indigena

photo 28- Vue sur branches de B aff indigena

.

          Le tout donne un bosquet impénétrable avec des branches enchevêtrées partant dans tous les sens (photo 29)

photo 29- Branches entremêlées de Bambusa aff indigena

.

 

Les feuilles :

Longueur maxi relevée : 18.2 cm pour une largeur de 20 mm

Autres mesures : 17.1cm x 25mm // 17.2cm x 22mm // 16cm x 18mm // 10.5cm x 2.2cm, mais en moyenne elles sont plutôt autour des 10/13cm de long, donnant un aspect général d’un bambou à petites feuilles (photos 30 et 31)

photo 30-Feuillage à petites feuilles de B aff indigena

photo 31- feuilles assez petites chez B aff indigena

.

Non tessellées (photo 32)

photo 32- Absence de tessellations sur feuilles de B aff indigena

, non parcheminées, de couleur vert clair.

Nombres de nervures secondaires : de 5 à 7 (photo 33)

photo 33- Nervures secondaires de 5 à 7 paires chez B aff indigena

Longueur du pétiole : 1 à 2mm

Nombre de feuilles par ramule : en général de 6 à 9

Lisses face supérieure, très légèrement rugueuse face inférieure, à peine perceptible sous le doigt. A la loupe on constate que la face inférieure est recouverte de petits poils blancs, très nombreux sans être denses (photo 34)

photo 34- poils blancs sur face inférieure de la feuille chez B aff indigena

. On a aussi confirmation par la loupe que la face supérieure est glabre (photo 35)

photo 35- Les deux faces de la feuille de B aff indigena_modifié-1

.

Coloration : vert moyen/ clair brillant dessus, vert glauque, mat, dessous

Présence de crochets tout autour, mais cependant plus développés sur un seul bord.

Gaines foliaires : présence d’oreillettes bordées de très longs cils blancs, quelques rares poils blancs diffus sur la face dorsale (photo 36)

photo 36- Gaines foliaires garnies d oreillettes ciliees chez B aff indigena_modifié-1

.

 

Turions :

Le bouquet final est dressé (photo 37)

photo 37- Bouquet final dressé sur les turions de B aff indigena

. Les languettes de gaines sont dressées (photo 38)

photo 38- Languettes de gaine de turions dressees chez B aff indigena

.

Au toucher, on sent à peine un duvet très court sur les gaines.

Les gaines sont vert clair, avec quelques bandes, mal délimitées, d’autres teintes vertes jaunâtres et brunes se fondant entre elles (photo 39)

photo 39- Couleur des gaines des turions de B aff indigena

. La couleur générale qui en ressort reste le vert clair (photo 40)

photo 40- Couleur vert clair du turion de B aff indigena

.

Les bords des gaines sont vert jaunâtre plus clair, avec une bande brune sur l’extrême bord (photo 41)

photo 41- Les bords des gaines sont bordees d'une ligne brune chez B aff indigena

.

Rarement une strie ou deux, blanc/ crème/ jaune, marquées nettement, sont présentes sur les gaines (photo 42)

photo 42- Rare strie blanc creme sur les gaines de B aff indigena

.

Je finirai cet article avec quelques photos de turions à différents stades (photos 43 à 46)

photo 43- Jeune turion de Bambusa aff indigena

photo 44- Turion de B aff indigena

photo 45- Turion de B aff indigena

photo 46- Grand turion de Bambusa aff indigena

.

 

26 juillet 2017

35 - Dendrocalamus giganteus - Les espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

 

          

           Article 35  Dendrocalamus giganteus 

Robert Kernin, le 24 juillet 2017 

          Originaire du Myanmar (ou Birmanie) ainsi que des provinces du nord-est de l’Inde (Assam, Nagaland, Meghalaya) et de la Chine (Yunnan), son aire d’origine s’étend peut-être jusqu’au nord de la Malaisie. Largement cultivé dans de nombreux pays tropicaux. Présent à Mayotte (flancs du Mont Combani) ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie (dans le sud au pied du Mont-Dore entre autres) (photos 1 et 2).

photo 1- Philippe et un Chihuahua devant D giganteus en Nouvelle-Caledonie - Copie

photo 2- Philippe prentant des fougeres au pied de D giganteus

Introduit en France métropolitaine depuis quelques années, un jeune pied a été planté en extérieur à Menton vers 2011/2012 pour essai d’acclimatation. Comme tous les bambous essentiellement tropicaux, D.giganteus peut être maintenue en pot où elle restera d’une taille en rapport avec le volume du pot, mais devra être abrité l’hiver. 

          Géant parmi les géants (photo 3), Dendrocalamus giganteus laisse sans voix (photo 4).

photo 3- Dendrocalamus giganteus en Nouvelle-Caledonie

photo 4- D giganteus geant parmi les geants

Ses chaumes peuvent atteindre 30 m de hauteur, pour un diamètre de 30 cm. Sur une touffe de ce bambou en Nouvelle-Calédonie, j’ai relevé un diamètre de 23.8cm (photo 5)

photo 5- Fort diametre des chaumes chez D giganteus

et la hauteur moyenne des chaumes avoisine les 20 m (photo 6).

photo 6- La hauteur impressionnante des chaumes de Dendrocalamus giganteus

A Mayotte, j’ai relevé un diamètre de 27cm. Ses rhizomes sont cespiteux, et l’aspect de la touffe est érigée, s’évasant en partie supérieure. 

          Les entre-nœuds font entre 37 et 48 cm de long, ceux de la base étant plus courts (photo 7).

photo 7- Entre-noeuds plus courts à la base et nouveaux chaumes bleutés chez D giganteus

photo 8- Pellicule fongique sur les chaumes de D giganteus à Mayotte

photo 9- Courtes racines aeriennes sur les noeuds de la base des chaumes chez D giganteus

photo 10- Renflements sur la partie inferieure de certains entre-noeuds de D giganteus

La couleur des chaumes est vert moyen mais ils sont souvent recouverts, en atmosphère saturée, d’une pellicule fongique leur donnant un aspect mat, vert ou gris parsemé de taches (photo 8), les nouveaux sont bleutés par l’effet de la pruine assez dense. Les nœuds ne sont pas proéminents et ceux de la base sont garnis de courtes racines aériennes (photo 9). Un léger renflement sur une bonne portion de l’entre-nœud, au dessus de chaque nœud, est fréquent (photo 10). Un anneau de poils brun foncé subsiste au niveau de la cicatrice de gaine, et un deuxième anneau, blanchâtre, est situé juste au dessus, au niveau du nœud (photos 11 et 12).

photo 11 - anneaux brun et blanchatre au niveau des noeuds chez D giganteus

photo 12 - zoom sur les anneaux de poils bruns et blanchâtres sur les noeuds de D giganteus

Sur les chaumes plus âgés, les deux anneaux deviennent parfois blanchâtres, puis des mousses et des lichens les envahissent au cours des ans. 

 

Les gaines de chaume, caduques (photos 13 et 14),

photo 13 - gaines de chaume caduques chez D giganteus

photo 14- tombée des gaines de D giganteus

gigantesques (37cm de hauteur x 85cm de large par exemple – photos 15 et 16),

photo 15 - gaine de chaume de D giganteus

photo 16 - gaine de chaume de Dendrocalamus giganteus

photo 17 - Gaines de chaumes chez D giganteus

photo 18 - gaine de chaume D giganteus

ont une couleur brun clair et gris bleuté, avec des teintes verdâtres et grisâtres (photo 17), et sont parcourues de bandes verticales d’un brun foncé, parfois à peine visibles (photos 18 et 19).

photo 19- Rayures discrètes sur certaines gaines de chaume de D giganteus

A un certain stade elles peuvent être un peu orangées, ainsi que celles du haut des turions (photo 20), d’un orange bien moins intense cependant que les gaines de Dendrocalamus latiflorus (photo 21).

photo 21 - Gaines orange sur grand turion de Dendrocalamus latiflorus

Des poils diffus roux à brun foncé sont visibles en partie dorsale supérieure, plus denses sur les côtés (photos 22 et 23).

photo 23 - zoom sur pubescence des gaines de chaume de D giganteus

photo 22 - Poils bruns et roux en partie dorsale superieure des gaines chez D giganteus

Les oreillettes, non ciliées le plus souvent mais présentant parfois de minuscules cils épars, sont de forme allongée, serpentiformes, leur bordure formant des volutes qui rejoignent la base de la languette (photo 24).

photo 24 - Oreillette allongee formant des volutes chez D giganteus

Cependant, dans la partie terminale des turions, perdue dans les volutes caractéristiques de l’espèce, on peut parfois observer une oreillette parfaitement formée en forme classique d’oreille comme on peut se l’imaginer, et garnie de cils (photo 25).

photo 25 - Oreillette de gaine de chaume en haut de turion de D giganteus

La ligule, d’une hauteur de 4 à 8mm, a ses côtés plus hauts et découpés formant des dessins de vagues, et présente parfois des franges, parfois dentelée en forme de crocs (photos 26, 27, 28 et 29).

photo 26 - ligule de gaine de chaume de D giganteus

photo 27 - Ligule de gaine de chaume chez D giganteus

photo 28- detail ligule de gaine de chaume de Dendrocalamus giganteus

photo 29- Zoom sur ligule de gaine de chaume de D giganteus

La languette, particulièrement celle du haut des turions, est striée, et a des bords souvent récurvés vers sa face supérieure, en partant de sa base, puis récurvés vers sa face intérieure un peu plus haut (photos 30, 31 et 32).

photo 30 - Languette de gaine de chaume chez D giganteus

photo 31 - stries sur languette de gaine de chaume de D giganteus

photo 32- Languettes sur turion de D giganteus

Ces bords présentent des circonvolutions jusqu’à mi-hauteur environ et sont parfois garnis de petits crochets (photo 33).

photo 33- Petits crochets sur la bordure des languettes de gaines de chaume de D giganteus

 

          Les feuilles sont grandes (photo 34),

photo 34 - Feuilles de Dendrocalamus giganteus

en moyenne autour des 35 x 5cm, certaines peuvent atteindre 48 x 11cm. Elles ne sont pas tessellées (photo 35),

photo 35- Absence de tessellations sur feuilles de D giganteus

de 7 à 16 paires de nervures secondaires (ou latérales), vert brillant et lisses face externe, vert mat et duveteuses face interne, pétiolées (2à 8mm), de 5 à 11 feuilles par ramule. 

          Une branche dominante, encadrée de deux secondaires presque de même diamètre, puis de plusieurs plus petites (photo 36).

photo 36 - Branches de Dendrocalamus giganteus

Elles apparaissent aux 2/3 du chaume environ, sont plutôt horizontales, de 2 à 3m de long en moyenne. 

          Les turions sont massifs, trapus à leur naissance, leurs gaines gris bleuté verdâtre au départ (photos 37, 38, 39 et 40).

photo 37- naissance d'un turion de D giganteus

photo 38- Jeunes turions de D giganteus

photo 39 - Turions de Dendrocalamus giganteus

photo 40- Sortie des turions chez D giganteus

Lorsqu’ils grandissent, les gaines de leur sommet sont orangées (photos 41 et, 42).

photo 41 - Tution aux gaines legerement orange chez D giganteus

photo 42- Les turions de D giganteus aux gaines orangees

Les circonvolutions formées par les bases des languettes et par les oreillettes de gaine, d’une couleur rouge, visibles au sommet des jeunes turions, sont un détail remarquable de l’espèce (photos 43, 44, 45 et 46).

photo 43- Haut de turion de D giganteus

photo 44- Circonvolutions des oreillettes et bases de languettes des gaines de chaumes chez D giganteus

photo 45 - détail haut de turion de D giganteus

photo 46- Zoom sur haut de turion de Dendrocalamus giganteus

 

          Je finirai cet article par une photo de Philippe Girard, en Nouvelle-Calédonie, devant un chaume sec que nous avons abattu ce jour là, afin de parfaire des observations (photo 47). Je le remercie vivement pour sa gentillesse et son aide.

photo 47- Philippe devant un chaume abattu de Dendrocalamus giganteus

 

26 janvier 2017

34- Bambusa vulgaris 'Striata' - Les espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

Article 34 - Bambusa vulgaris ‘Striata’

 Robert Kernin, le 27.janvier 2017

 

          Bambou cespiteux tropical, cultivar de l’espèce type Bambusa vulgaris. La beauté des couleurs de ses chaumes et de ses branches a fait de ce cultivar l’un des préférés des parcs botaniques tropicaux à travers le monde (photos 1 et 2)

photo 2- Bambusa vulgaris 'Striata'

photo 1- Bambusa vulgaris 'Striata' en Nouvelle-Caledonie

. A noter que certains pays tempérés, à climat relativement doux en hiver et chaud l’été dans certaines régions, font aussi leur tentative de culture en pleine terre. C’est notamment le cas de la France dans la région de Menton.

          Présent en Nouvelle-Calédonie (photo 3),

photo 3- Laurent avec le ''bambou peint'' Bambusa vulgaris 'Striata' au Mont Dore en Nouvelle-Caledonie

avec quelques exemplaires de grande taille dans le sud du côté du Mont Dore (photo 4),

photo 4- B vulgaris 'Striata'

dans des propriétés (photo 5),

photo 5- Jymmi montrant un turion de Bambusa vulgaris 'Striata' en Nouvelle-Caledonie

ainsi qu’au Parc Forestier et Animalier de Nouméa. Egalement présent sur les îles de Wallis et Futuna. Introduit en Europe depuis de nombreuses années, où il est maintenu principalement sous abri chauffé en hiver (très beau en véranda). On peut trouver parfois des plants en vente dans les jardineries, présentés sous la forme d’un gros tronçon de chaume garni de quelques branches et feuilles. Selon comment ont été traités ces exemplaires, ils peuvent parfois générer de petits turions qui assureront ainsi la continuité du plant. Dans le cas contraire ces plants auront seulement quelques années de vie.

          Ses chaumes sont généralement d’une taille plus modeste que ceux du type. Toutefois cela ne semble pas être le cas en Nouvelle-Calédonie où ils sont au moins égaux en diamètre de chaume (10,7cm le plus fort diamètre mesuré) et en hauteur (10 à 12 m mais certains chaumes sont plus hauts). (photos 6 et 7)

photo 6- chaumes de b vulgaris 'Striata'

photo 7- chaumes et branches de B vulgaris 'Striata'

          Un exemplaire vraiment géant est visible au zoo de Singapour. A noter que selon le climat, subtropical, tropical ou équatorial, les couleurs des chaumes auront tendance à être plus ou moins éclatantes. Dans une atmosphère saturée d’eau à longueur d’année, comme c’est le cas à Singapour, les mousses et lichens se fixent rapidement sur les chaumes et occultent la vivacité des colories. Dans un climat plus sec, comme par exemple au Parc Botanique de Sydney en Australie où se trouve un pied de ce bambou, les couleurs restent vives.

          Les plus beaux exemplaires que j’ai pu voir restent ceux de la Nouvelle-Calédonie, où les couleurs restent vives très longtemps sur la plupart des chaumes d’une touffe (photos 8, 9 et 10).

photo 8- le 'bambou peint' Bambusa vulgaris 'Striata'

photo 9- stries diverses sur les entre-noeuds de B vulgaris 'Striata'

photo 10- Les entre-noeuds de la base sont souvent plus stries chez B vulgaris 'Striata'

          Les gaines de chaume sont vert clairs et striées de jaune ou d’orange, avec une face dorsale revêtue en partie d’épais poils noirs (photos 11 à 17).

photo 11- Gaines de chaume de B vulgaris 'Striata'

photo 12- Gaine de chaume striee d'orange chez B vulgaris 'Striata'

photo 13- gaine sriee de jaune de Bambusa vulgaris 'Striata'

photo 14- Aspect des gaines de chaume de B vulgaris 'Striata'

photo 15- Gaines de chaume caduques chez B vulgaris 'Striata'

photo 16- Detail base de gaine de chaume de B vulgaris 'Striata'

photo 17- Gaine commencant a se decoller du chaume chez B vulgaris 'Striata'

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme chez le type, les turions sont impressionnants (photos 18 à 25).

photo 18- turion de Bambusa vulgaris 'Striata'

photo 19- jeune turion de Bambusa vulgaris 'Striata'

photo 20- Autre turion de B vulgaris 'Striata'

photo 21- Languettes de gaine de chaume tres large a sa base chez B vulgaris 'Striata'

photo 22- Oreillette de gaine de chaume de B vulgaris 'Striata'

photo 23- Grand turion de B vulgaris 'Striata'

photo 24- Turion geant de Bambusa vulgaris 'Striata'

photo 25- tres grand turion de B vulgaris 'Striata'

          Concernant les détails botaniques de l’espèce, se reporter à l’article n°33 de ce blog, qui décrit  le type Bambusa vulgaris.

         

Bibliographie : voir article 32 de ce blog

 

Photos : Robert Kernin

 

26 janvier 2017

33 - Bambusa vulgaris - Les espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

Article 33 - Bambusa vulgaris

Robert Kernin, le 26.janvier 2017

photo 1- Bambusa vulgaris le long de la rivière 'La Coulee' pres du Mont Dore

           Bambou cespiteux tropical à l’origine mal définie, probablement du Sud de la Chine ou de Madagascar. On le trouve pratiquement dans tous les pays tropicaux ainsi que sur les îles, où il s’est souvent naturalisé. Présent sur toute la Nouvelle-Calédonie,(photo 1) plus particulièrement dans la partie Nord (photo 2),

photo 2- B vulgaris dans le nord de la Nouvelle-Caledonie

ou les turions servent à faire d’excellents achards.

 

Egalement présent sur les îles de Wallis et Futuna (photo 3),

photo 3- B vulgaris sur Futuna, Mont Puke

ainsi que sur Mayotte. Introduit en Europe depuis de nombreuses années, où il est maintenu sous abri chauffé en hiver (très beau en véranda).

          Ses chaumes sont hauts de 10 et 12 m (photo 4)

photo 4 - Bambusa vulgaris

pour des diamètres de 8 à 10 cm (photo 5),

photo 5 - Chaumes et turion de B vulgaris

bien que des exemplaires bien plus hauts soient observés parfois. La couleur des nouveaux chaumes est verte, les plus anciens pouvant devenir vert jaunâtre, jaune ou orangé (photos 6 et 7),

photo 7 - Chaumes ages jaune orange de B vulgaris

photo 6- Chaume virant au jaune chez B vulgaris

plus ou moins sous l’effet du soleil. Parfois seule la partie où était la gaine de chaume jaunit, en contraste avec la couleur verte du reste de l’entrenœud. Il n’y a pas de pruine en partie inférieure des nouveaux chaumes, cependant quand les turions sont déjà hauts de plusieurs mètres, la partie du chaume non recouverte par les gaines, sur les entrenœuds situés en partie supérieure, laisse voir une couleur légèrement bleutée, preuve d’une très légère trace de pruine (photo 8).

photo 8 - tres legere trace de pruine en partie superieure des grands turions de B vulgaris

La longueur des entrenœuds est en moyenne entre 25 et 36cm, ceux de la base étant plus courts (17cm), et ils ne sont pas rectilignes entre eux (photo 9).

photo 9- Entre-noeuds parfois sinueux à la base des chaumes chez B vulgaris

          Les gaines de chaume (photo 10)

photo 10- Gaine de chaume de Bambusa vulgaris

sont recouvertes de poils noirs ou brun foncé, denses, en partie ou en totalité sur la moitié supérieure dorsale (photo 11)

photo 11 - gaine de chaume de Bambusa vulgaris

et garnies de deux fortes oreillettes bordées de cils blancs ou brun clair pouvant atteindre 7 mm de long (photo 12).

photo 12 - Oreillettes de gaine de chaume chez Bambusa vulgaris

A noter que ces oreillettes ont une largeur de base variable, pouvant parfois se transformer en un long ruban rejoignant la base de la languette (photos 13 et 14).

photo 13- oreillette de gaine de chaume de B vulgaris

photo 14- Oreillette a la base en ruban chez B vulgaris

La couleur des gaines, là où les poils noirs sont absents, est vert clair délavé, ou parfois jaune (photos 15 et 16).

photo 15- couleur des gaines de chaume chez B vulgaris

photo 16- Gaine de chaume vert clair de B vulgaris

Le contraste des couleurs peut être exceptionnel (photos 17 et 18).

photo 18- Gaine de chaume coloré de Bambusa vulgaris

photo 17- Contraste des couleurs des gaines de chaume de B vulgaris

Elles sont caduques (photo 19).

photo 19- Gaine de chaume caduque chez Bambusa vulgaris

photo 20- Languette de gaine de chaume dressee chez B vulgaris

La languette est dressée (photo 20). La ligule est convexe, en forme d’arc à double courbure (photo 21),

photo 21 - Ligule de gaine de chaume de B vulgaris

et frangée ou plutôt fimbriée de minuscules cils blancs (photo 22).

photo 22- ligule fimbriee sur sa marge chez B vulgaris

          Les branches sont longues, (photos 23, 24, 25 et 26)

photo 23- Branches de Bambusa vulgaris

photo 24- Branches de B vulgaris

photo 25- Branches chez Bambusa vulgaris

photo 26- Developpement des branches chez B vulgaris

généralement entre 2 à 3 m, et apparaissent parfois dès le 4e nœud. Une branche dominante, dressée à 45° ou horizontale, rarement inclinée, encadrée de deux branches secondaires de diamètre plus faible, puis deux paires de branches complémentaires souvent inclinées à 45°, pouvant même embrasser le chaume et pointer en sens opposé. Le bourgeon principal reste parfois dormant (photo 27).

photo 27- Bourgeon dormant de Bambusa vulgaris

          Le feuillage d’une touffe, au premier regard, donne une impression de finesse (photo 28),

photo 28- feuilles fines de B vulgaris

une feuille longue de 19 cm x 1.9 cm de large étant une taille courante (photo 29).

photo 29- exemple avec 9 feuilles sur cette ramule de B vulgaris

Pour des feuilles plus petites la finesse proportionnelle sera toujours conservée. Cependant sur les rejets à la base, les feuilles peuvent être bien plus grandes, par exemple 28 x 5.4cm, ou plus (photo 30).

photo 30- les feuilles des rejets de base sont souvent plus grandes chez B vulgaris

Elles ne sont pas tessellées (photo 31),

photo 31- absence de tessellations sur les feuilles de B vulgaris

portent 6 à 8 paires de nervures secondaires et sont garnies de petits crochets sur tout leur pourtour (photo 32).

photo 32- crochets sur le pourtour des feuilles de B vulgaris

On compte en général de 5 à 8 feuilles par ramule, parfois 9. Les gaines foliaires sont munies d’oreillettes portant des cils blancs (photos 33 et 34),

photo 34- cils blancs sur les oreillettes de gaine foliaire de B vulgaris

photo 33- oreillettes ciliees de gaine foliaire chez B vulgaris

leur face dorsale est parsemée de poils bruns (photo 35)

photo 35- poils bruns sur la face dorsale des gaines foliaires chez B vulgaris

et tout au long de leurs bords on peut voir des cils blancs ou bruns (photos 36 et 37).

photo 37- cils bruns sur les bordures des gaines foliaires de B vulgaris

photo 36- cils blancs sur les bordures des gaine foliaires de B vulgaris

          Les turions sont de couleur noire ou brun foncé (présence de poils) et vert clair délavé, tandis que les languettes, ainsi que les bords des gaines, tranchent par leur couleur vert jaune, jaune, ou orangé. Cette palette de couleurs en fait l’un des turions les plus colorés dans le monde des bambous (photos 38 à 49).

photo 38- Sortie d'un turion de Bambusa vulgaris

photo 39- tres jeune turion de Bambusa vulgaris

photo 40- turion de Bambusa vulgaris

photo 41- Beau turion de B vulgaris

photo 42 - detail d un turion de B vulgaris

photo 43- bouquet final de turion chez Bambusa vulgaris

         

photo 44- Grand turion de B vulgaris

photo 45- Autre grand turion de Bambusa vulgaris

photo 46- base d'un grand turion de B vulgaris

photo 47- Sommets de turion de B vulgaris emergeant de la vegetation

photo 48- couleur jaune et noire au sommet des turions de B vulgaris

photo 49- Zoom sur le bouquet final d'un grand turion de B vulgaris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il existe plusieurs cultivars de ce bambou dont B.vulgaris ‘Striata’ (photo 50),

photo 50- Bambusa vulgaris 'Striata'

affichant des chaumes d’un jaune soutenu, striés de vert. Ce cultivar est présent à Wallis, où il se contente d’environ 9 m de hauteur, et également en Nouvelle-Calédonie où il atteint une taille supérieure, au moins égale au type. Un autre cultivar est curieux par la forme compressée de ses entrenœuds et de ses branches, il s’agit de B.vulgaris ‘Wamin’ (photos 51 et 52), aux chaumes verts jaunissant avec l’âge et le soleil, ou bien devenant gris vert, atteignant 4 à 5m de haut. Ces deux cultivars sont introduits en Europe.

photo 51- Bambusa vulgaris 'Wamin'

photo 52- Chaumes renfles de B vulgaris 'Wamin'

 

Bibliographie : voir article 32 de ce blog

 

Photos : Robert Kernin

18 janvier 2017

32 - Bibliographie sur les bambous

Article 32- BIBLIOGRAPHIE sur les bambous

 

Robert Kernin, le 18 janvier 2017

 

Cette bibliographie n’est qu’une partie des livres édités à ce jour traitant des bambous. Quelques références concernant des travaux publiés par des botanistes et disponibles sur internet y figurent également. Ceci constitue ma base de données. Si pour traiter certains articles je trouve des renseignements complémentaires sur internet ou dans d’autres ouvrages, les références sont notées en fin de chaque article.

 

  • Bertran, R., Kernin, R, Tréhin, L, 2016. Coup de Bambou. Locus Solus Editeur, 128 p.
  • Boulay, R., 1993. Le Bambou Gravé Kanak. Parenthèses Editions, 77 p.
  • Camus, E.-G., 1913. Les Bambusées. Monographie Biologie Culture Principaux usages. Paul Lechevalier éditeur. Paris, 215 p.
  • Clark, L. G.,1989.Systematics of Chusquea Section Swallenochloa, Section Verticillatae, Section Serpentes, and Section Longifoliae (Poaceae-Bambusoideae). Systematic Botany Monographs 27, pp.1-127.
  • Crompton, D., 2006. Ornamental Bamboos. Timber Press, 306 p.
  • Crouzet, Y., 1981. Les Bambous. Dargaud éditeur, 96 p.
  • Crouzet, Y., Jeury, M., 1988. Des Bambous dans tous les jardins. Dargaud Editeur, 96 p.
  • Cusack, V., Stewart, D., 1999. Bamboo World. The Growing and Use of Clumping Bamboos. Kangaroo Press. 224 p.
  • Demoly, J.-P., 1996. Bambous en France. Index synonymique commenté des Bambusées et autres plantes à chaumes ligneux cultivées en France métropolitaine. Edité par l’auteur. Paris, 77 p.
  • Demoly,  J.-P., 2006. Les bambous chinois à rhizome pachymorphe d’introduction récente, cultivés en pleine air en Europe. Bambou, bulletin de l’A.E.B (Association Européenne du Bambou - Section France), hors série, 2006, 36 p.
  • Dougoud, R. C., Boulay, R., Cousteau, D., Gama, H., 2008. Bambous Kanak, Une passion de Marguerite Lobsiger-Dellenbac. Infolio éditions, Genève: Musée d'ethnographie, 184 p.
  • Dransfield, S., 1992. The Bamboos of Sabah.Sabah forest records. Forestry Department, Sabah, Malaysia, 94 p.
  • Dransfield, S., 2002. Sirochloa, a new bamboo genus from Madagascar (Poaceae-bambusoideae). Kew Bulletin, vol. 57, N°4 (2002), pp.963-970.
  • Dransfield, S., 2002. Greslania circinata and Greslania rivularis (Poaceae-Bambusoideae) from New-Caledonia. The Journal of the American Bamboo Society, vol. 16(1), 2002, pp.1-8.
  • Eberts, W., 1991. Bambous. Hachette/CIL, Paris, 48 p.
  • Farelly, D., 1984. The Book of Bamboo. A comprehensive guide to this remarkable plant, its uses, and its history. Thames and Hudson, London - Sierra Club Books, San Francisco, 340 p.
  • Hidalgo-López, O., 1981. Manual de Construccion con Bambu. Universidad Nacional de Colombia, Centro de Investigación de Bambú y Madera, 1981,71p.
  • Hooker, J.D., 1854. Himalayan Journals; or, Notes of a Naturalist in Bengal, the Sikkim and Nepal Himalayas, the Khasia Mountains, &c. London,J. Murray, 1854. 530 p.
  • Judziewicz, E. J., Clark, L.G., Londoño, X., Stern, M. J., 1999. American Bamboos. Smithsonian Institution Press Washington and London, 392 p.
  • Kirikas, R., 2000. Les bambous, choix des variétés, culture, utilisations. La Maison Rustique Flammarion, 79 p.
  • McClure, F. A., 1966. The Bamboos.Cambridge, Massachusetts: HarvardUniversity Press. Reprint. Washington, D. C.: Smithsonian Institution Press Washington and London, 1993, 345 p.
  • Meredith, T. J., 2001. Bamboo for Gardens. Timber Press Portland, Oregon. 406 p.
  • Morat, Ph., Veillon, J. M., 1985. Contribution à la connaissance de la végétation et de la flore de Wallis et Futuna, Bulletin du Muséum National d'Histoire Naturelle. Section B : Adansonia, 1985, (3), pp. 259-329.
  • Neporon, M., 1993. Geïra, le lieu d’où je suis. Publication de l’Agence de Développement de la Culture Kanak, 1993 (bambous gravés).
  • Ohrnberger, D., 1999. The Bamboos of the World, Annotated Nomenclature and Literature of the Species and the Higher and Lower Taxa. Elsevier,Amsterdam, The Netherlands.585 p.
  • Okamura, H., Tanaka Y., 1986. The Horticultural Bamboo species in Japan. Edité par Hata Okamura, Higashinada Kobe Japan.1986, 171p.
  • Recht, C., Wetterwald, M. F., Simon, W., Crouzet, Y., 1996. Bambous. Editions Eugen Ulmer, Paris, 162 p.
  • Romanowski, N., 1993. Grasses, Bamboos and Related Plants in Australia. A Lothian Book, Port Melbourne, Victoria, 168 p.
  • Seethalakshmi, K. K., Muktesh Kumar, M. S., Sankara Pillai, K., Sarojam, N., 1998. Bamboos of India, a Compendium.  Peechi Bamboo Information Centre, India, Kerala Forest Research Institute [u.a.], 1998, 342 p.
  • Stapleton, C., 1994. Bamboos of Bhutan: An illustrated guide. Royal Botanic Gardens, Kew (January 15, 1994), 66 p.
  • Stapleton, C., 1994. Bamboos of Nepal: An illustrated guide. RoyalBotanic Gardens, Kew(April 1994), 72 p.
  • Stapleton, C.M.A., 1994. The bamboos of Nepal and Bhutan. Part III: Drepanostachyum, Himalayacalamus, Ampelocalamus, Neomicrocalamus and Chimonobambusa (Gramineae: Poaceae, Bambusoideae). Edinb. J. Bot. 51(3), pp. 301-330.
  • Starosta, P., Crouzet, Y., 1996. Bambous. Editions du Chêne - Hachette Livre. 126 p.
  • The experimental Forest, 1980. Bamboos of the Chitou Forest Recreation Area. College of Agriculture, NationalTaïwanUniversity, 158 p.
  • Van Trier, H., Oprins, J., 2005. Bambous. Version française. Actes Sud. 132 p.
  • Wang, D., Shen, S-J., 1987. Bamboos of China. Timber Press, Portland, Oregon, 167 p.
  • Wittaker, P., 2007. Bambous rustiques,apprivoiser le Dragon. Editions Eugen Ulmer, Paris, 300 p. (la version en anglais a été éditée en 2005 – Hardy Bamboos, Taming the Dragon)
  • Wong, K. M., 1995. The Morphology, Anatomy, Biology and Classification of Peninsular Malaysian Bamboos. University of Malaya.189 p.
  • Wong, K. M., 2004.Bamboo – The Amazing Grass – A guide to the diversity and study of Bamboos in Southeast Asia. International Plant Genetic Resources Institute. 80 p.
  • Wong, K. M. et al., 2015. Rainforest Plants and Flowers of Brunei Darussalam. Forestry Department, Ministry of Industry and Primary Resources, Brunei Darussalam. 202 p.
  • Zhu, S., Ma, N., Fu, M., 1994. A Compendium of Chinese Bamboo, China Forestry Publishing House. 242 p.
  • Stapleton, C. M. A., Bergbambos and Oldeania, new genera of African bamboos (Poaceae, Bambusoideae),

 

 

 

30 décembre 2016

31 - Schizostachyum brachycladum - Les espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

Article 31 - Schizostachyum brachycladum

Espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

 

Robert Kernin, le 31décembre 2016 

 

          Superbe bambou (photo 1)

photo 1 - Schizostachyum brachycladum en Nouvelle-Calédonie

, que l’on connaît  sous le nom commun de ‘Bambou sacré de Bali’. Originaire de Chine (Taïwan), de Malaisie (Péninsule Malaise et Bornéo), cultivé à Singapour ainsi qu’en Indonésie et aux Philippines. Introduit également au Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie (photo 2)

photo 2- Schizostachyum brachycladum

. Ce bambou est tropical, donc à maintenir sous abri en hiver pour les pays tempérés.

          L’espèce, aux rhizomes pachymorphes, se rencontre sous deux formes, l’une aux chaumes entièrement verts (photos 3 et 4),

photo 3- S brachycladum à chaumes verts a Singapour

photo 4- Pruine sur chaumes verts de S brachycladum

l’autre aux chaumes jaunes (photo 5)

photo 5 - Chaumes jaunes S brachycladum

discrètement rayés de vert (photo 6),

photo 6 - Chaume discrètement rayé de vert S brachycladum

les raies vertes pouvant être très marquées sur les entrenœuds de la base (photo 7).

photo 7 - Entre-noeuds de la base parfois très rayés de vert chez S brachycladum

Exceptionnellement un chaume plus coloré de vert que de jaune peut apparaître dans une touffe de chaumes jaunes (photo 8).

photo 8- Couleurs exceptionnelles des entre-noeuds de S brachycladum

La variété ‘auriculatum’ se distinguerait de l’espèce type par la présence d’oreillettes de gaine de chaume, ce qui est le cas du bambou ayant été observé et décrit ici (photo 9).

photo 9 - Oreillettes ciliees de gaine de chaume chez S brachycladum

Le type est également décrit comme n’ayant pas d’oreillettes de gaines foliaires, alors que l’espèce décrite ici en possède, de petite taille mais bien présentes (photo 10).

photo 10- oreillettes ciliees de gaine foliaire de S brachycladum

Peut-être y a-t-il confusion et que tous les S.brachycladum sont porteurs d’oreillettes de gaine de chaume et d’oreillettes de gaines foliaires. La couleur extraordinaire de la forme aux chaumes jaunes (photo 11),

photo 11 - Couleur extraordinaire des chaumes de S brachycladum

 

contrastant avec la beauté de ses grandes feuilles (photo 12)

photo 12 - grandes feuilles de S brachycladum

et la couleur crème brûlée des languettes de gaine de chaume (photo 13),

photo 13 - Gaine de chaume avec sa languette 'creme brulee' S brachycladum

en fait l’une des espèces les plus décoratives du monde des bambous. De plus, le soleil donne, durant un temps, une teinte rose aux nouveaux entrenœuds exposés (photos 14, 15, 16 et 17).

photo 17- zoom sur un entre-noeud de S brachycladum

photo 16- Couleurs des entre-noeuds de S brachycladum

photo 15 - Le soleil teint en rose les nouveaux chaumes de S brachycladum

photo 14 - Grands turions aux teintes rose et jaune chez S brachycladum

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La hauteur des chaumes atteint 12 à 14m pour des diamètres de 7 à 8cm (photo 18).

photo 18 - fort diamètre des chaumes de S brachycladum

Leur aspect est érigé, aussi bien au centre qu’à la périphérie (photo 19).

photo 19 - Chaumes eriges de S brachycladum

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les entrenœuds mesurent de 23 à 84cm (photo 20).

photo 20- entre-noeud de 84 cm sur un vieux chaume de S brachycladum

Leur paroi est très fine, de l’ordre de 2.4mm d’épaisseur pour un tronçon de 3.9cm de diamètre (photo 21).

photo 21- paroi tres fine des entre-noeuds chez S brachycladum

Le sillon internodal est absent. Un anneau de pruine, blanc, est visible sous le nœud. Une légère pruine diffuse est visible sur les nouveaux entrenœuds, qui sont couverts de poils blancs, caduques, très courts et denses, produisant un effet ‘papier de verre’ au toucher (photos 22 et 23).

photo 22 - Poils durs sur nouveau chaume de S brachycladum

photo 23 - Zoom sur poils durs sur nouveau chaume de S brachycladum - Copie

Les gaines de chaume, caduques, ornées de deux fortes oreillettes portant de longs cils blancs, sont beiges, recouvertes de poils brun roux, parfois striées de vert et rosies par le soleil particulièrement sur celles des jeunes plants (photos 24, 25 et 26).

photo 24- gaine de chaume S brachycladum (1)

photo 25- gaine de chaume S brachycladum

photo 26- Gaine de chaume sur jeune plant de S brachycladum

La ligule est légèrement convexe, haute de 1 mm (photos 27 et 28).

photo 27- La ligule de gaine de chaume est tres fine chez S brachycladum

photo 28- Ligule fine et frangée irrégulierement de petits cils chez S brachycladum

La languette, dressée, est vernissée, couleur caramel brûlé. Les branches sont courtes, 30 à 60cm, naissant en général vers la moitié du chaume, avec cependant certaines se développant au 2e nœud, et ensuite les bourgeons restant dormant jusqu’au 10e nœud. Les feuilles, en majorité grandes, vont de 16,5 à 32 cm de long pour 2,8 à 6,3 cm de large. Bien que ce ne soit pas la généralité, certaines sont striées de superbes bandes crème (photos 29, 30 et 31).

photo 29 - feuilles parfois striees chez S brachycladum

photo 30- feuilles de S brachycladum

photo 31- zoom sur feuille de S brachycladum

Elles sont de 5 à 13 par ramule, le nombre 8 étant le plus fréquent. Leur face interne est duveteuse (photo 32).

photo 32 - Poils sur face interne de la feuille de S brachycladum

 

 

 

 

 

 

Leur base est beaucoup plus angulaire d’un côté que de l’autre (photo 33).

photo 33 - les epaules de la base de la feuille sont fortement asymétriques chez S brachycladum

          Les turions, mélange de roux et de jaune, aux languettes de gaine caramel vernissé, sont une véritable splendeur (photos 34, 35 et 36).

photo 34 - turion de S brachycladum

photo 35 - grand turion de S brachycladum

photo 36 - Turion vernisse de S brachycladum

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce bambou est réputé pour fleurir sporadiquement, sur certaines de ses branches et pas d’autres. En Nouvelle-Calédonie j’ai entretenu en pot un petit plant à partir de juillet 2014, et il a développé 3 hampes florales quelques mois après (photos 37 et 38).

photo 37 - Jeune plant de S brachycladum

photo 38 - Floraison sur quelques branches du jeune plant de S brachycladum

photo 39- Floraison sur les rejets au pied de la touffe de S brachycladum

Les floraisons sont donc restreintes à quelques branches, et mon plant garde toute sa beauté et sa vigueur puisque en mars 2015, deux turions apparaissent. Les grands plants étudiés dans une propriété de Nouvelle-Calédonie présentent eux aussi quelques hampes florales, très accessibles sur les branches basses (photos 39, 40, 41 et 42).

photo 40 - Floraison sur quelques branches d'un plan adulte de S brachycladum

 

 

photo 41 - hampe florale chez S brachycladum

Le plant reste cependant en vie, seules les feuilles des branches concernées tombent progressivement, alors que le reste de la touffe reste en parfait état. 

photo 42 -Stigmate et antheres de la fleur de S brachycladum

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie : afin d’éviter les répétitions des ouvrages consultés pour chaque article, la bibliographie que je consulte régulièrement sera mise en ligne d’une manière globale, courant janvier 2017. Ce sera l'article n+32 du blog.

Photos :       Robert Kernin

26 décembre 2016

30- Phyllostachys nigra 'Punctata' - Espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

Article 30 – Phyllostachys nigra ‘Punctata’ –

Espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

 

Robert Kernin, le 25 décembre 2016

 

Les Phyllostachys nigra, originaires de Chine, représentent un groupe composé d’une dizaine de taxons présentant des aspects différents, allant du petit bambou de 3 à 4 m de hauteur jusqu’au géant de 12 à 15 m.

Concernant la couleur des chaumes, certains sont noirs de jais, d’autres brun foncé, d’autres encore sont verts, ou verts avec un sillon internodal brun, ou bien encore verts tachetés de différents bruns, jaunes et pourpre. Tous naissent verts, modifiant leur teinte en une ou plusieurs années.

Selon les botanistes, ces P.nigra sont classés dans le même groupe, ou en 2 groupes, voir 3. Le parent sauvage à l’origine semble être Phyllostachys nigra f. henonis (photos 1 à 10),

photo 1- Remi BERTRAN devant P nigra f henonis au Valon du Stangalar à Brest

photo 2 - turions de P nigra f henonis

espèce géante aux chaumes naissant et restants verts,

photo 3- Languette et oreillettes de gaine de chaume P nigra f henonis

alors que le type, c'est-à-dire le premier ayant été décrit, est un petit bambou de 3 à 4 m de haut et aux chaumes noirs de jais.

photo 10 - Cils sur oreillette P nigra f henonis

photo 9 - detail turion P nigra f henonis

photo 8 - Turion P nigra f henonis

photo 7 - Turions P nigra f henonis

Photo 6 - Loic Trehin et P nigra f henonis a Hennebont

photo 5 - P nigra f henonis - Parc de Kerbihan a Hennebont

photo 4 - Oreillette de gaine de chaume P nigra f henonis

La trace de ce petit bambou semble avoir été perdue en culture, mais celui qui  ressemble le plus à sa description actuellement est P. nigra ‘Othello’, dont les nouveaux chaumes prennent une teinte noir de jais au bout d’une année et qui atteint une taille de 3 à 5 m.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                       

Le plus répandu est sans conteste Phyllostachys nigra ‘Punctata’ (photos 11 à 25), pouvant atteindre 8 m,

photo 11 - P nigra 'Punctata'

dont les chaumes naissent verts, puis se ponctuent de brun, jusqu’à devenir presque entièrement brun foncé, voir noirs, au bout de 3 ans.

photo 12 - turion de P nigra 'Punctata'

photo 13- Chaume de P nigra 'Punctata'

Ce cultivar a été introduit dans certains jardins et grandes propriétés de Nouvelle-Calédonie, où il se montre relativement peu envahissant, si on le compare à Phyllostachys aurea, introduit lui aussi.

photo 14 - Nouveau chaume de P nigra 'Punctata'

photo 15 - chaumes de P nigra 'Punctata'

photo 16 - autre teinte de chaume de P nigra 'Punctata'

Sous ce climat tropical, P. nigra ‘Punctata’ semble conserver une taille plus modeste qu’en France métropolitaine, du moins dans les conditions et les sols où j’ai pu l’observer.

photo 17 - P nigra 'Punctata'

 

photo 20 - en general 2 feuilles par ramule chez P nigra 'Punctata'

photo 21 - tessellations bien visibles sur les feuilles de P nigra 'Punctata'

photo 18 - noeud de P nigra 'Punctata'

Son feuillage n’aime pas le vent, il faudra le planter de préférence dans un endroit abrité où il pourra alors s’épanouir.

photo 22 - les 3 teintes principales des chaumes chez P nigra 'Punctata'

photo 23 - autres teintes de chaume chez P nigra 'Punctata'

Les plus beaux exemplaires plantés en Bretagne, atteignant 8 m de haut, sont situés en bordure de ruisseau et à l’ombre de très grands arbres.

 

Dans la même région, un sujet en plein vent et soleil ne dépassait pas 4 m de haut.

photo 24 - touffe de P nigra 'Punctata'

photo 19 - deux branches par noeud chez les Phyllostachys ici P nigra 'Punctata'

photo 25 - Pyllostachys nigra 'Punctata'

Parmi les nigra on peut citer également P. nigra f. henonis ‘Boryana’ (photos 26 à 38),

photo 26 - P nigra f henonis 'Boryana' dans l'ancien jardin de Gérald Cauvin en Bretagne

photo 27 - Gaine de chaume de P nigra f henonis 'Boryana'

photo 28 - Nouveaux chaumes de P nigra f henonis 'Boryana' (1)

atteignant 12 à 15 m, et aux chaumes tachetés de brun, jaune, vert, avec toutes les nuances intermédiaires,

photo 31 - Extrémité (apex) de turion de P nigra f henonis 'Boryana'

photo 29 - Jeune chaume de P nigra f henonis 'Boryana'

photo 30- Noeud de P nigra f henonis 'Boryana'

photo 32- Gaines densément pubescentes chez les des nigra -ici 'Boryana'

photo 33- Languette et oreillettes de gaine de chaume chez P nigra f henonis 'Boryana'

photo 34-Turion P nigra f henonis 'Boryana'

photo 35-Bouquet final de turion de P nigra f henonis 'Boryana'

photo 36- Teinte des entre-noeuds de P nigra f henonis 'Boryana'

photo 37- P nigra f henonis 'Boryana' jardin de Remi Bertran (1)

photo 38- P nigra f henonis 'Boryana' jardin de Remi Bertran (2)

P. nigra f. henonis ‘Megurochiku’, aux chaumes verts avec un sillon internodal brun (selon les clones où les climats variés en France ce sillon est parfois très peu marqué), P.nigra f. henonis ‘Fulva’ est décrit comme ayant des chaumes jaune fauve parsemés de taches noires mais je n’ai pas eu la chance de pouvoir l’observer. 

 

Bien que pouvant se monter très peu envahissants durant de nombreuses années, selon le climat et le sol rencontrés, les rhizomes sont traçants et finiront par ‘se déchainer’. Mieux vaut de suite penser à une barrière anti-rhizomes  pour les petits jardins.

 

Bibliographie:

Voir l'article 32 de ce blog. 

Photos :    Robert Kernin et Rémi Bertran

13 mai 2016

29 - Pseudosasa japonica - Les espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

29 - Pseudosasa japonica – Espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

Synonyme : Sasa japonica 

Robert Kernin, le 12 mai 2016 

 

          Originaire du Japon, et de l’île de Jeju (au sud de la Corée du Sud), largement cultivé en Chine, distribué dans de nombreux pays, cette espèce peut atteindre 5,50 m de haut pour des diamètres de chaume de 2 cm (photo 1)

photo 1 - Pseudosasa japonica

Ses chaumes fins et rectilignes (photo 2)

photo 2 - Chaumes fins et rectilignes de P

ont été utilisés pour la fabrication de flèches de guerre dans les temps anciens.

          Le port est dressé, avec l’extrémité des chaumes retombante. Leur couleur est verte, un anneau de pruine blanc apparaissant sous le nœud des nouveaux (photo 3).

photo 3 - Anneau de pruine sous le noeud des nouveaux chaumes

Sur les chaumes plus anciens, une teinte vert foncé apparaît de part et d’autre du nœud, tranchant sur le vert plus pâle de l’entrenœud (photo 4)

photo 4 - Anneaux verts de part et d autre du noeud sur chaumes anciens de P japonica

. Il peut arriver, rarement, de trouver un entrenœud qui sera partiellement et légèrement renflé sur une partie de sa longueur (photo 5).

photo 5 - Entre-noeud partiellement renflé de P japonica

Leur longueur va de 15,2 à 39,5 cm. Ils sont creux (photo 6),

photo 6 - Entre-noeud creux de Pseudosasa japonica

non striés, rêches au toucher, le sillon internnodal est présent, léger, remontant sur le tiers de l’entrenœud (photo 7).

photo 7 - sillon internodal de P japonica

          Les gaines de chaume, de couleur vert clair avec parfois quelques taches pourpres (photo 8),

photo 8 - gaine de chaume de Pseudosasa japonica

sont persistantes, certaines finissant par disparaître complètement en laissant un entrenœud net, d’autres se désagrégeant lentement au cours des années (photo 9).

photo 9 - Chaumes avec ou sans gaines chez P japonica

Leur longueur peut couvrir un peu plus de la moitié de l’entrenœud, jusqu’à dépasser le nœud supérieur (photos 10 et 11).

photo 10 - gaine plus courte que l'entre-noeud chez P japonica

photo 11 - Gaine plus longue que l'entre-noeud chez P japonica

Leur face dorsale est couverte de poils diffus mais cependant nombreux, très urticants (photo 12),

photo 12- poils urticants sur gaines de Pseudosasa japonica

et il est recommandé de se couvrir les avant bras ainsi que le visage lors d’un éclaircissement de la touffe. Leurs bords sont garnis de petits cils blancs (photo 13).

photo 13 - Cils blancs sur bords des gaines de chaume de P japonica

Absence d’oreillettes, ligule concave, et la languette, sur les gaines de chaume fraîches, est dressée (photos 14 et 15).

photo 14 - Languette dressee et absence d oreillettes sur gaines de chaume de P japonica

          Une seule branche par nœud (photo 16),

photo 16 - Une seule branche par noeud chez Pseudosasa japonica

se ramifiant, pouvant atteindre 2,53 m de long, en moyenne vers les 1,30m, au développement intravaginal (photo 17).

photo 17 - Developpement intravaginal des branches chez P japonica

photo 15 - ligule concave sur gaines de chaume de P japonica

          Les feuilles font de 12,5 à 32 cm de long pour 1,6 à 5,5 cm de large (photo 18).

photo 18- feuilles de Pseudosasa japonica

Elles donnent une impression de finesse, une grande majorité retombant en cascade et donnant à ce bambou un bel effet décoratif (photo 19).

photo 19- feuillage en cascades de P japonica

Elles sont au nombre de 2 à 5 par ramule et sont tessellées (photo 20).

photo 20 -Tessellations sur feuille de Pseudosasa japonica

Leur face interne est duveteuse sous les doigts et des crochets très acérés garnissent leurs bords (photo 21).

photo 21 - Crochets et tessellations sur feuilles de P japonica

          Les turions sont vert clair, avec une bande fine de couleur brun pourpre marquant les bords supérieurs des gaines (photo 22).

photo 22 -Turion de Pseudosasa japonica

          Ses rhizomes sont très traçants. Sa rusticité est de -15 à -18°C et ce bambou offre une bonne résistance à l’air salin et au vent, permettant de le planter en bordure de mer. L’espèce type est présente dans certaines propriétés et jardins de Nouvelle-Calédonie (photo 23).

photo 23 - Pseudosasa japonica en Nouvelle-Calédonie

          On peut trouver en France certains cultivars, dont P.japonica ‘Tsutsumiana’, affichant une base de chaume renflée, alternativement de chaque côté, ce renflement s’atténuant vers le haut du chaume (photo 24).

photo 24 - Pseudosasa japonica 'Tsutsumiana'

Etonnant par la teinte de son feuillage, P.japonica ‘Akebono’, avec ses :feuilles aux couleurs diluées pouvant être de différents verts, ou blanchâtres ou jaunâtres, ces couleurs se fondant parfois entre elles, en grande majorité sans bandes précises bien séparées. En situation ombragée, et plutôt au printemps pour les pays tempérés, les feuilles blanchâtres sont plus nombreuses et donnent un aspect fantomatique à ce cultivar. Enfin P.japonica ‘Akebono suji’, montrant des feuilles parcourues de bandes en majorité bien nettes, étroites ou larges, blanches, ou jaunâtre ou de différents verts, dont certaines vont de la base à la pointe de la feuille (photos 25 et 26).

photo 25 - Pseudosasa japonica 'Akebono Suji' - Copie

photo 26 - Feuilles de Pseudosasa japonica 'Akebono Suji'

Au printemps certaines feuilles peuvent être entièrement blanches, et dans ce cas ne vivent pas longtemps, mais l’aspect décoratif, à ce bref stade, est inhabituel et une pure merveille. Le feuillage, comme chez le cultivar précédent, revient petit à petit au vert en fin de saison.

 

Bibliographie :       Ohrnberger, D., 1999. The Bamboos of the World  

Photos :          Robert Kernin

6 mai 2016

28 - Nouveau livre sur les bambous

Grande nouvelle dans la bibliographie :) Nouveau livre sur les bambous !!!

 

‘Coup de Bambou’ va paraître fin mai 2016, à la maison d’édition Locus Solus.

 

          Les textes, très bien renseignés, de Rémi Bertran et Robert Kernin, nous présentent le bambou, traitent de sa culture, et nous font découvrir une cinquantaine d’espèces étudiées dans leur milieu naturel ou dans des jardins, avec des données précises permettant de les identifier.

          Une majorité d’espèces cespiteuses (aux rhizomes non traçants et de ce fait non envahissants) a été sélectionnée, offrant de nouvelles perspectives pour les jardins, du plus petit au plus grand. Quelques espèces traçantes ont été tout de même retenues, parmi les plus remarquables. Un petit nombre de bambous tropicaux d’outre-mer, pouvant être cultivés en pleine terre dans des zones de climat doux, où sinon constituer de superbes potées en extérieur l’été, viennent compléter les espèces décrites tout en nous apportant des parfums d’alizés.

          Enfin de petites histoires, illustrées, agrémentent chaque page de description, nous racontant des découvertes étonnantes liées aux bambous ou diverses anecdotes.

          A l’appui de chacune des espèces décrites, une planche de dessins botaniques, en couleur, vient apporter l’appui visuel indispensable, et a été réalisée par Loïk Tréhin, aquarelliste naturaliste confirmé, faisant de cet ouvrage de 128 pages un livre d’art en même temps qu’une référence pour les plus exigeants.

          A découvrir........

couverture recto verso 'Coup de Bambou'

 

 

5 mai 2016

27 - Bambusa multiplex - espèces introduites en Nouvelle-Calédonie

                                                                 27 -              Bambusa_multiplex

Synonyme : Bambusa glaucescens

Robert Kernin, le 05 Mai 2016

 

          Bambou cespiteux tropical, mais supportant brièvement des températures négatives de - 12°C.

          Originaire de Chine, probablement du Sud, l’espèce a été largement distribuée et cultivée dans de nombreux pays tropicaux et subtropicaux. Sa taille peut atteindre 10 m pour un diamètre de chaume de 4 cm. Dans le sud de la France elle peut atteindre 3 à 4 m de hauteur, en pleine terre, dans les endroits les plus doux et les mieux protégés. Sans doute plus encore dans la région de Menton. En Bretagne elle peut également rester en extérieur dans les endroits bien protégés des vents, par exemple en sous bois, mais à condition de recevoir un ensoleillement suffisant, et de préférence non loin de la mer afin de ne pas subir une durée de froid trop longue. Sa taille dans ces conditions et ce climat restera toutefois plus modeste. Maintenue en pot, c’est l’espèce idéale pour les vérandas, où les grands patios. Sa taille sera alors déterminée par celle du pot et les soins que l’on apportera..

          L’espèce est présente et assez commune dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie (photos 1 et 2),

photo 1 - Philippe Girard à côté de B multiplex

photo 2 - B multiplex

dans les jardins et grandes propriétés, où elle avoisine la taille maximale donnée à l’espèce, un chaume de 9.80m et de 3cm de diamètre ayant été mesuré. La présence de cette espèce dans la partie Nord de la N.C reste à constater, mais il y a de fortes chances qu’elle y soit implantée. En province Sud, à la sortie de Bouloupari (en venant de Nouméa), si, au lieu de poursuivre la route territoriale en prenant le grand virage à gauche on poursuit tout droit, on se retrouve sur une route assez large avec des maisons sur les 2 côtés. Sur la droite, dans un jardin en arrière plan, on aperçoit une touffe de bambou de taille modeste aux chaumes jaunes, qui pourrait être un cultivar de Bambusa multiplex. Avis aux habitants de cette ville, je suis preneur de toute info et photo.

          La couleur des chaumes est verte (photo 3),

photo 3 - Chaumes verts de B multiplex

avec une légère brillance, et ils ont tendance à devenir vert jaunâtre s’ils sont exposés au soleil (photo 4).

photo 4 - Chaumes vert jaunatre de B multiplex

Les nouveaux chaumes sont recouverts de pruine, leur donnant une teinte bleutée (photo 5),

photo 5 - Pruine sur nouveaux chaumes de B multiplex

et sont porteurs de poils, plus denses et brun sombre dans le haut de l’entre-nœud (photo 6),

photo 6 - Entre noeuds setuleux chez B multiplex

très diffus et blancs sinon (photo 7).

photo 7- poils brun ou blancs chez B multiplex

Un espace glabre est toutefois présent juste sous le nœud (photo 8).

photo 8 - espace sans poils juste sous le noeud de B multiplex

Ces chaumes, au toucher, sont lisses quand on remonte les doigts le long de l’entre-nœud, mais une sensation de papier de verre, non dense, est perçue si on descend les doigts le long de l’entre-nœud. Certains chaumes du pourtour de la touffe se courbent en arc de cercle, pouvant parfois atteindre le sol, alors que ceux du centre sont dressés. Les entre-nœuds sont sinueux, légèrement en forme de ‘S’, certains pouvant être en zigzag (photo 9).

photo 9 - Chaumes parfois sinueux ou en zigzag de B multiplex

Ils ne sont pas striés et le sillon internodal est absent. Leur longueur va de 10 à 55 cm, avec beaucoup autour des 40 cm. Dès le 2e entre-nœud, la longueur atteint 30 cm et plus. Leur paroi est épaisse, comme le montrent ces 3 photos prises au 2e, 5e et 10e entre-nœud (photos 10, 11 et 12).

photo 10- epaisseur paroi au 2e entre noeud chez B multiplex

photo 11 - epaisseur au 5e entre noeud chez B multiplex

photo 12 - epaisseur au 10e entre noeud chez B multiplex

          Les gaines de chaume sont plus courtes que l’entre-nœud (photo 13),

photo 13 - Gaines de chaume de B multiplex

longues de 1/3 (partie inférieure du chaume) à 2/3 (partie médiane et supérieure du chaume). Elles sont vert clair lorsqu’elles sont fraiches (photo 14).

photo 14 - Gaine de chaume verte de B multiplex

A mi-chaume la languette de gaine devient de plus en plus longue, et atteint parfois le nœud supérieur (photo 15).

photo 15- la languette de gaine atteint parfois le noeud superieur chez B multiplex

Elles sont caduques, parsemées de taches brunes diffuses, ainsi que de taches rouge clair diffuses surtout sur les côtés, et ceci sur les 2 faces (photo 16).

photo 16 - Taches brunes et rouges sur gaines de chaume de B multiplex

Les épaules de la gaine sont asymétriques (photo 17).

photo 17 - Epaules asymétriques de la gaine de chaume chez B multiplex

Présence de pruine sur les gaines fraiches. Les oreillettes de gaines, petites, ciliées, sont rares mais présentes parfois, surtout visibles sur les gaines des turions. (photos 18 et 19).

photo 18- oreillettes ciliées des gaines de chaume

photo 19- zoom sur oreillettes ciliées des gaines de chaume -

La languette est dressée le long du chaume, et ses 2 faces portent des poils bruns, parfois rares où parfois assez nombreux (photos 20,21 et 22),

photo 20 - poils bruns clairsemés sur la base de la languette de gaine de chaume chez B multiplex

photo 21 - zoom sur poils bruns languette de gaine de chaume chez B multiplex

photo 22- poils parfois denses sur la languette de gaine de chaume B multiplex

plus denses sur la face dorsale, alors que la gaine elle-même en est exempte. Les bords de cette languette, en partie basse, sont frangés de courts cils blancs (photo 23).

photo 23 - Frange de cils blancs sur les bords de la languette de B multiplex

En partie haute du chaume, elle est parfois aussi longue que la gaine (photo 24).

photo 24- Languette - partie sup du chaume- aussi longue que la gaine chez B multiplex

La largeur de sa base est parfois aussi large que l’apex de la gaine, ses côtés prenant place sur la même ligne et dans le prolongement des côtés de la gaine (photo 25).

photo 25 - Gaine de chaume et sa languette a base large chez B multiplex

La ligule est convexe, de 1 à 2 mm de hauteur. La cicatrice de gaine est glabre, non proéminente, au même niveau que le nœud lui-même qui n’est pas non plus proéminent.

          Les branches, dressées en moyenne à environ 45°, se composent d’une centrale dominante, encadrée de deux secondaires moins fortes, puis d’autres assez nombreuses, le nombre de 12 ayant été comptabilisé mais en notant également plusieurs cicatrices d’autres branches déjà tombées (photos 26, 27, 28 et 29)

photo 29- Nombreuses branches secondaires chez B multiplex

photo 28- Les branches de B multiplex

photo 26 - naissance des branches chez B multiplex

photo 27- branches de B multiplex

. Elles naissent assez proches de la base du chaume, au 1/7 environ, et leur longueur va de 0.90 à 2.70 m.

          Les feuilles de l’espèce type sont au nombre de 5 à 9 par ramule, le nombre de 8 revenant le plus régulièrement (photos 30 et 31).

photo 31 - feuille face interne bleute chez B multiplex

photo 30- feuille face externe de B multiplex

Elles ne sont pas tessellées. Leur taille va de 5.5 cm à 20 cm de long pour 0.8 cm à 1.9 cm de large. La face externe est vert moyen (ni trop clair ni trop foncé) et la face interne est fortement bleuté, d’où le nom (synonymique) ‘glaucescens’ de l’espèce (photo 32).

photo 32- feuilles de B multiplex face externe verte et face interne bleu

Les nervures secondaires sont, sur les grandes feuilles, au nombre de 7 paires (photo 33),

photo 33- Nervures secondaires de feuille de B multiplex

certaines très peu visibles et en moins grand nombre sur les petites feuilles. La photo 33 permet de voir 7 nervures en partie gauche, par contre juste en face, en partie droite, seulement 6 nervures apparaissent, la 7e naissant plus bas sur la feuille. Ces feuilles sont lisses face externe, et très discrètement duveteuses face interne, la loupe binoculaire révélant quelques poils très éparses. Le pétiole fait environ 1 mm de long. Présence de crochets sur les 2 côtés de la feuille, que l’on peut sentir sous les doigts. Ils sont plus forts et denses d’un côté, assez espacés et bien moins accrocheurs de l’autre.

          Les gaines foliaires sont ornées de longs cils blancs à leur apex (photo 34).

photo 34- Gaines foliaires ornees d oreillettes ciliees chez B multiplex

 

          Les turions sont de couleur gris bleu à vert clair. Leur base est souvent très large, et forme parfois un coude au niveau du sol. Le bouquet final est dressé, ainsi que les languettes des gaines (photos 35 à 47).

photo 42 - extremité de turion de B multiplex

photo 41 - Turion de Bambusa multiplex

photo 43 - extrémité de turion de Bambusa multiplex

photo 44 - detail turion de B multiplex

photo 45 - détail turion de B multiplex

photo 46 - bouquet final de turion de Bambusa multiplex

photo 47 - Sortie des turions chez Bambusa multiplex

 

 

photo 40 - Turion de B multiplex

photo 38 - turion de B multiplex

photo 37 - turion de Bambusa multiplex

photo 36 - Turion de B multiplex

photo 35- Turion de Bambusa multiplex

         

photo 39 - Turion de Bambusa multiplex

                                                                                               Il existe de très nombreux cultivars de ce bambou, certains particuliers par leur feuillage original comme le petit B.multiplex gr.Elegans,

photo 48 - Bambusa multiplex gr Elegans

photo 49 - Chaumes de B multiplex gr Elegans

photo 50 - feuilles de B multiplex gr Elegans

photo 51- Face interne bleute des feuilles de B multiplex gr Elegans

présent dans quelques jardins de Nouvelle-Calédonie également (plus connu sous le nom synonymique de B.multiplex ‘Fernleaf’), aux feuilles minuscules (1.2 cm à 3 cm de long pour 0.4 cm à 0.5 cm de large)ressemblant à celles de certaines fougères et aux chaumes pleins,

photo 52 - Chaumes pleins de B multiplex gr Elegans

d’un diamètre entre 0.4 et 0.8 cm, d’une hauteur autour de 1 m, pouvant parfois atteindre 1.80 m (photos 48 à 63).

photo 61- Developpement des branches chez B multiplex gr Elegans

photo 60- Branches de B multiplex gr Elegans

photo 62- Branches de B multiplex gr Elegans

photo 58 - Gaine de chaume de B multiplex gr Elegans

photo 57- Oreillettes ciliees de gaine de turion chez B multiplex gr Elegans

photo 56- Detail turion de B multiplex gr Elegans

photo 55 - Apex de turion de B multiplex gr Elegans

photo 54- autre turion de B multiplex gr Elegans

photo 53 - Turion de B multiplex gr Elegans

photo 59- Ligule convexe et epaules asymetriques de gaine de chaume chez B multiplex gr Elegans

photo 63 - vue de face sur branches de B multiplex gr Elegans

                                                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autres cultivars remarquables, B.multiplex ‘Alphonse Karr’,

photo 64- B multiplex 'Alphonse Karr' en France dans les alpilles

photo 65- feuillage de B multiplex 'Alphonse Karr'début Mai dans les alpilles

photo 66- B multiplex 'Alphonse Karr' au Japon jardin du Mont Fuji

photo 67- Chaumes de B multiplex 'Alphonse Karr'

aux chaumes jaune orange, les nouveaux prenant des teintes roses au soleil, avec des stries vertes (photos 64 à 71),

photo 70 - Gaine de chaume de B multiplex 'Alphonse Karr'

photo 69- Couleurs des entre-noeuds de B multiplex 'Alphonse Karr'

photo 68- entre-noeud de B multiplex 'Alphonse Karr'

 

photo 71 - Gaine de chaume de B multiplex 'Alphonse Karr'

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et le plus rare B.multiplex ‘Albovariegata’

photo 72 - Entre-noeud de B multiplex 'Albovariegata'

photo 73 - Gaine de chaume de B multiplex 'Albovariegata'

aux chaumes verts ornées de quelques stries blanches, aux feuilles vertes striées de blanc ou de crème, et surtout aux magnifiques gaines de chaume blanc crème avec des stries vertes ou brun foncé à clair (photos 72 à 81).

photo 76- Naissance des turions de B multiplex 'Albovariegata'

photo 75- Bambusa multiplex 'Albovariegata'

photo 74- Couleurs des gaines de chaumes de B multiplex 'Albovariegata'

photo 77- Gaines de chaumes de B multiplex 'Albovariegata'

photo 78- Zoom sur gaines de chaumes de B multiplex 'Albovariegata'

photo 79- Turion de B multiplex 'Albovariegata'

photo 80- Detail turion de B multiplex 'Albovariegata'

photo 81- Feuillage de Bambusa multiplex 'Albovariegata'

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un cultivar ressemblant fortement à ‘Alphonse Karr’, avec peut-être des stries vertes plus nombreuses sur les entre-nœuds des chaumes, est nommé ‘Kimmei Suow’ au jardin du mont Fuji au Japon (photo 82)

photo 82 - Bambusa multiplex 'Kimmei Suow'

et un autre, non identifié formellement jusqu’à présent mais qui pourrait être B multiplex ‘Midori’ est présent au jardin ‘Bambous en Provence’ en France (photos 83, 84 et 85).

photo 85 - B multiplex, peut etre 'Midori'

photo 83 - Bambusa multiplex, peut etre 'Midori'

photo 84- Turion de B multiplex, peut etre 'Midori'

 

Bibliographie :  

Ohrnberger, D., 1999. The Bamboos of the World  

Photos : 

Robert Kernin

 

8 avril 2015

26 - Du GRESLANIA MULTIFLORA au GRESLANIA CIRCINATA - Nouvelle-Calédonie, le Greslania de la Côte Oubliée

26 - Nouvelle- Calédonie, le Greslania de la Côte Oubliée.

 

photo 1- Lever du soleil sur la Cote Oubliee

 

Du Greslania multiflora au Greslania circinata

 

Robert Kernin, le 08 avril 2015

 

Clé d’identification des espèces du genre Greslania Balansa, en l’absence d’inflorescence

 

1- Présence d’une branche par nœud à partir de la moitié ou du dernier tiers du chaume

    ....................................................................................................G.rivularis

 

1- Absence de branches

 

       2 – Face dorsale des gaines foliaires glabre

            La base des feuilles n’embrasse pas le chaume……………………………..G.circinata

 

       2 – Présence de poils blancs sur la face dorsale des gaines foliaires

            La base des feuilles, particulièrement dans le haut du chaume, embrasse ce dernier

………………………………………………………………...................................................G.montana

 

Le 10 décembre 2014, je me retrouvai sur la côte Est au sud de la Nouvelle-Calédonie, après 4h00 de route et de chemin de terre, dans des paysages qui vous laissent scotchés la bouche ouverte sans respirer et les yeux pas assez grands pour y faire entrer toute leur beauté grandiose. En pleine descente j’ai freiné et ai arrêté en plein milieu de la route, encore existante, mon vaillant petit 4/4. Devant moi se découvrait le début de la Côte Oubliée (photo2),

photo 2 - La Cote Oubliee

une grande partie des côtes de la Nouvelle-Calédonie où les routes s’arrêtent, puis les chemins de terre, puis les sentiers. Pour continuer ? Longer la mer à pied, sur 60 km, en direction du sud .

Mais mon but était plus modeste. Il avait pour nom le Pic Nejiri (photo 3, ou l’on peut voir également le début de l’ancien chemin miniers sur les flancs des collines),

photo 3- Au centre en haut effleure par les nuages le Pic Nejiri

d’une hauteur de 1089m, au tout début de la Côte Oubliée. Il y avait là un petit mystère à éclaircir, à propos d’un Greslania, qui avait porté le nom de G.multiflora, et s’était avéré être un synonyme de G.circinata.

Quelque temps auparavant, désirant en connaître un maximum sur ces petits bambous, endémiques de la Nouvelle-Calédonie, j’avais épluché ma bibliographie, puis recherché partout le moindre renseignement.

Il y avait en tout 3 espèces de Greslania, mais durant des décennies il y avait eu une 4e espèce nommée G.multiflora.

Le bulletin ‘Bambou’ n°36 d’avril 2001, avec un article signé Jean-Pierre Demoly, m’a particulièrement intéressé, la preuve était donnée que G.circinata et G.multiflora étaient une seule et même espèce.

Là où tout s’est compliqué, c’est quand je suis tombé sur la planche de dessin n°82 dans le ‘’Camus’’ : j’avais devant moi deux dessins de feuilles, dont les bases étaient carrément différentes ! (photo n°4)

photo 4- planche 82 -Les Bambusees -E

L’une était référencée comme étant une feuille de G.circinata, l’autre une feuille de G.multiflora. Ayant une grande confiance dans les dessins botaniques, il y avait trois possibilités concernant cette feuille de G.multiflora :

-          soit on avait donné au dessinateur une mauvaise feuille (erreur peu probable).

-          soit il y avait les deux formes de feuilles chez G.circinata, l’une à la base presqu’horizontale et l’autre aux bords de la base remontant à 45°.

-          Soit il y avait vraiment un Greslania différent.

 

Je résolus de résoudre ce dilemme en me rendant sur le terrain, celui d’origine, le lieu même de la collecte originelleJ.

 

Après quelques recherches sur internet, je trouvai dans l’herbier du Royal Botanic Garden d’Edinburgh la collecte de G.multiflora qui représentait le type, numéroté 15177, collecte qui avait été faite à 1000m d’altitude, sur une crête dominant la rivière Ngoye, en 1902, par F.R.R.Schlechter et décrit en 1906 par le botaniste allemand R K Pilger..

 

Un contact en Nouvelle-Calédonie, Jean-Pierre Legros, randonneur confirmé connaissant bien la région de la Ngoye sur la côte Est, me détermina la crête en question, et de plus me donna un itinéraire  déterminé par satellite (photo 5).

photo 5- Trajet rando G multiflora lieu suppose collecte Schlechter 1902 chemin du Pic Nejiri

A noter que le nom ‘Ngoye’ est indiqué de nos jours sur les cartes par une orthographe un peu différente : ‘Ngoï’.

 

Grâce aux indications de Jean-Pierre Legros, à internet et aux fonctions satellites j’affinai le plus précisément possible mon trajet, autant en photos de cotes de relief qu’en coordonnées latitude / longitude. Facilités incroyables de notre époque. Jean-Pierre m’avait prévenu de difficultés possibles en atteignant une altitude vers les 800m, devant passer dans une végétation courte me faisant perdre de vue tout repère visuel.

 Je fis une première reconnaissance, qui me conduisit au maximum où je pouvais aller en voiture. 4h00 à 4h30 de trajet (j’habite à 25km au sud de Nouméa), dont la moitié en route ‘normale’, ensuite petite route, puis chemin de terre bordant la mer sur de nombreux kilomètres, passage à vitesse ultra réduite dans les tribus côtières. Je repérai la Ngoi, la rivière que j’aurai à traverser au départ, et l’endroit où je la traverserai. Au long de ce chemin j’ai repéré un pied de Greslania rivularis, côté rivière, et j’en profite pour faire quelques photos.

Ensuite il y aurait une dizaine d’heure de marche aller/retour pour un bon marcheur. M’estimant un marcheur moyen, je rajoutai 2h00. Cela était limite pour une journée de randonnée, d’autant plus qu’une fois trouvé le bambou cela voulait dire 2 à 3h de notes, observations et photos.

Je devais donc prévoir une randonnée sur 2 jours, avec ce que cela impliquait, du matériel supplémentaire et un sac à dos lourd.

Prendre mon temps lors d’une randonnée me convenait très bien, regarder la nature exige du temps, ne pas être tenu par un horaire trop serré est la clé d’une randonnée ‘observation nature’.

Cette partie de la côte Est a donc pour nom ‘’La côte oubliée’’, ce qui lui convient parfaitement, bien que j’ai envie de rajouter ‘et préservée’. Plusieurs tribus occupent les bords de mer (Grand Borendy, Petit Borendy,Port Bouquet,St Jean-Baptiste et St Joseph). Celle du Petit Borendy est la plus proche de mon point de départ. Effectuer le geste de la Coutume lorsque je reviendrai pour ma randonnée me sembla indispensable, c'est-à-dire, par respect pour la population habitant cet endroit, expliquer le pourquoi de ma venue, et offrir une étoffe (manu ou sorte de paréo) accompagné d’un modeste billet, ceci devant être effectué devant le chef de la tribu, en lui demandant son accord pour parcourir la région. 

Le 10 décembre, ce dernier, Philippe Nekare, résidant au Grand Borendy mais étant le chef de la tribu du Petit Borendy, étant absent lors de mon passage, c’est donc à son frère que j’eu affaire, et après un discours dans sa langue, ce dernier me parla en Français en me souhaitant la bienvenue et en m’autorisant à faire mes recherches dans la région.

Je poursuivis donc ma route, qui s élevait dans les montagnes sur pas mal de kilomètres, et voilà comment, en ce 10 décembre, je contemplais, à une belle altitude, ce paysage époustouflant. Pas une maison, personne, pas de voiture depuis un bon moment…un mouvement dans mon rétroviseur me surprend… une voiture ! Je m’écarte et un pick-up s’arrête à ma hauteur. C’est là que je fis la connaissance de Radji Kainda, Président du Comité de Gestion de l’Environnement pour la région du Grand Borendy, qui me proposa de venir à une réunion qu’il avait avec la tribu du Petit Borendy, afin d’expliquer le pourquoi de ma présence. Ce que je fis. L’accueil fut d’une gentillesse remarquable, ou l’on m’offrit le café et des litchees pour mon ‘’voyage’’. Il fut établi aussi que si je ne reparaissais pas pour le lendemain soir, l’alerte serait donnée. Je dois préciser que les téléphones portables ne fonctionnent plus dans cette région, à moins d’avoir une liaison satelliteJ.

J’appris aussi que le chemin que j’allais emprunter était l’ancienne piste minière, et l’endroit de ces mines, en haut de la montagne, portait le nom local de Nekando.

Je quittai la tribu alors que la matinée était déjà bien avancée, pour gagner le point ultime où je laisserai ma voiture, en bout de piste, en léger surplomb de la rivière. (point lat 21°48’64’’Sud et long 166°28’12’’Est) (photo 6- fin de la piste carrossable et vue sur le premier bras de la Ngoï ).

photo 6- Le bout de la piste carrossable

Dans la conversation on me prévient tout de même que quelques jours auparavant, en raison des pluies tombées, la rivière Ngoi était difficilement franchissable, mais qu’aujourd’hui çà devrait être possible. A retenir pour l’avenir, laisser passer quelques jours après une période pluvieuse, le temps que les niveaux redescendent.

 

A 10h30, je me dirigeai vers le premier bras de rivière à traverser. Mon sac à dos est bien chargé (tente, couchage, polaire, petit réchaud pour le café du soir et du matin, quelques fruits, matériel et appareils photos, et tout le petit matériel pour prendre des notes et mesures, de la loupe au pied à coulisses en passant par le cutter pour découper les gaines de chaume et les voir sous toutes les coutures ! Egalement 2 bouteilles d’eau d’1 litre ½ chacune. Je compte sur les ruisseaux de montagne pour refaire le plein.

Mon GPS est le Tom Tom de mon ancienne voiture, qui ici me sert simplement pour la latitude et la longitude. L’un de mes appareils photos a lui aussi un GPS incorporé. De plus je pars avec une bonne douzaine de relevés du chemin, en coordonnées mais aussi en vues satellite éditées sous forme de croquis et cotes d’altitude du chemin, au format A4, et également 2 vues satellites en image, comme si je me trouvais en haut du Pic Nejiri, me donnant une vision incroyable.

Le premier bras de la rivière, ce jour là, se franchit aisément (photo 7),

photo 7- le premier bras de la Ngoï

souvent par les gros galets qui forment un gué, sans mettre le pied dans l’eau, et parfois de l’eau jusqu’aux genoux maximum, attention tout de même au fond instable. J’arrive ensuite sur une partie du lit à sec, ou il faut sauter de gros galet en gros galet, et me dirige vers mon point présumé de traversée du 2e bras (photos 8- le 2e bras est le principal, le courant y est très fort).

photo 8- Lit de galets et 2e bras au fond

L’endroit me semble peu profond, mais après quelques mètres je constate que le courant est bien plus fort que je m’y attendais (photo 9- Contrairement aux apparences, cet endroit s avère dangereux à traverser, vu la force du courant).

photo 9- courant rapide au 2e bras

Je me retrouve avec de l’eau jusqu’à mi-cuisse, avec des trous plus profonds entre les rochers, sol instable, et équilibre précaire avec mon sac à dos. J’imagine à ce qui pourrait se passer si je perdais l’équilibre et, n’étant pas encore au milieu de la rivière je fais demi-tour, regagne la rive et remonte le lit de galets à la recherche d’un passage plus praticable.

Un peu plus loin je repère un chemin sur la rive opposée et décide de tenter le coup à cet endroit, et après quelques minutes je me retrouve de l’autre côté (photo 10).

photo 10-Je viens de traverser à cet endroit

Petite pause après quelques émotions dues au fort courant, pendant laquelle je m’aperçois que mon GPS était resté dans la poche latérale de mon pantalon, à mi-cuisse, et qu’il avait bu la tasse durant la traversée. Il ne s’en est jamais remis ! Celui de mon appareil photo prit la relève.

Je reprends ma marche, parallèlement à la rivière en la descendant. Le sol est glissant, des traces de cerfs y sont visibles, et j’entendrai quelques démarrages dans les fourrés le long de la piste, sans jamais voir la bête. Au bout de 10 mn, je glisse et tombe sur mon coude gauche. Les conséquences seront quelques écorchures et la formation d’un bel œuf, je m’en tire bien car la réception de la chute avait été rude et douloureuse.

Après 45 mn de marche je trouve le départ de l’ancienne piste des mines et commence à grimper, le chemin est bordé sur la gauche par une vallée où coule une petite rivière (photo 11).

photo 11-en contrebas une vallee avec une petite rivière

De nombreux arbustes de grevillea exul (photo 12)

photo 12 - grevillea exul

ponctuent la nature de leurs fleurs blanches, et plus rarement grevillea gillivrayi qui me semble être la forme angustifolia (photos 13 et 14)

photo 14- zoom sur grevillea gillivrayi forme angustifolia

photo 13- grevillea gillivrayi forme angustifolia

rajoute sa couleur rouge..

Vers les 300m d’altitude, je subis les inoffensives attaques d’une bande d’hirondelles, peu habituées à voir ici ce genre d’animal qu’est l’humain s’aventurer sur leur fief. C’est sur que là elles sont tranquilles du moins vis-à-vis de nous, elles nichent dans des parois à pic inaccessibles. Des éboulis coupent la piste à plusieurs reprises, mais leur franchissement est facile (photo 15).

photo 15- Eboulis sur la piste

De nombreuses mini cascades bordent le chemin.

Au sol, ou formant des lianes dans les arbustes, je vois de nombreuses plantes carnivores (Nepenthes vieillardii photos 16 et 17),

photo 17- Nepenthes vieillardii formant une liane

photo 16- Nepenthes vieillardii

avec des urnes vertes, rouges ou orange. Leurs hampes florales (photos 18 et 19)

photo 18- Hampes florales de Nepenthes vieillardii

de couleur rouge lie de vin sont de toute beauté.

photo 19- Zoom sur floraison de Nepenthes vieillardii

 

Je croise quelques pieds de Greslania rivularis, et en aperçois plusieurs sur une pente en contrebas, puis plus haut j’arrive à un endroit un peu magique. Un bruit d’eau dans un virage, un ruisseau tombe et a fait son lit, bordé de quelques plants de G.rivularis d’une belle taille, dont un portant des chaumes qui retombent vers le lit du ruisseau (photo 20).

photo 20- Greslania rivularis

Certains des chaumes sont restés verticaux, on peut voir sur la photo suivante des feuilles qui émergent de la végétation (photo 21).

photo 21 G rivularis

Je les mesurerai lors de mon retour, 4.10m pour 15.8mm de diamètre. Une partie de ses entrenœuds, surtout vers la base, est recouverte comme d’une peau grise avec des points protubérants, çà me rappelle un genre de cuir. A proximité, un autre pied présente au moins deux chaumes rayés de brun et de vert (photo 22).

photo 22 - Chaume de G rivularis raye de vert et de brun fonce

Parmi la végétation luxuriante entourant ce point d’eau, un petit palmier endémique a fait sa place (photo 23).

photo 23- Palmier endémique

L’endroit est idéal pour une pose de quelques minutes, et refaire le plein des bouteilles.

 

Plus haut sur la piste, je tombe sur un pied de Greslania circinata en fleurs (photo 24).

photo 24- Floraison de Greslania circinata

 

Pour l’instant je ne regarde pas spécialement la forme de la base des feuilles, je veux me réserver le plaisir de la découverte sur les plants que je trouverai vers les 1000m. Certains chaumes de ce pied sont morts, d’autres biens vivants présentent des hampes florales bien garnies d’épis (photos 25,

photo 25-Epis floraux a contre jour G circinata

26, 27 et 28).

photo 28- G circinata

photo 27- Autre angle de vue hampe florale G circinata

photo 26- Hampe florale de G circinata

Je constate que des nouvelles pousses (et non des plantules comme j’en rencontrerai plus haut) continuent d’émerger (photo 29),

photo 29 - Turion bien developpe de G circinata

ce qui signifie que sur ce même plant certains chaumes sont déjà morts, d’autres adultes bien vivants, et d’autres, que l’on pourrait qualifier de turions ‘avancés’, continuent de pousser.

 

Après 6h30 de marche, je décide de monter ma tente à 17h00 à 680m d’altitude, dans un endroit avec une superbe vue, et, ne recherchant pas les ennuis, sans trop de blocs rocheux en équilibre au dessus de moi J. Latitude 21°51’10’’ Sud et Longitude 166°29’49’’Est. (photo 30 et 31).

photo 31- vue du camp cote montagne

photo 30- 680m - Chemin du Pic Nejiri- 10-12-2014

J’envisage de laisser le plus gros de mon matériel à cet endroit demain matin, afin de poursuivre plus léger, ce sera mon camp de base en quelque sorte. J’aperçois au loin la rivière Ngoï, et en la suivant du regard, tout à gauche, l’endroit ou j’ai laissé ma voiture (photo 32).

photo 32 - La Ngoï au loin

Je vois également la ligne de crêtes par laquelle je suis monté.

 

Une fois mon camp installé, j’explore un peu autour, marchant un peu sur l’ancien chemin des mines qui contourne la montagne, et tombe sur une population de G.circinata aux chaumes morts et couchés (photo 33).

photo 33- Chaumes morts et plantules de G circinata

Toute cette population longeant une partie du chemin semble morte, mais tout autour des chaumes couchés des centaines de plantules repartent (photos 34 et 35).

photo 35- Petites plantules de Greslania circinata

photo 34 - Plantule de G circinata

Je mesure un chaume mort : 2.90m pour 9mm de diamètre. La hampe florale est comprise dans la hauteur, mais comme elle pousse dans le prolongement du chaume je ne peux diviser ces deux éléments, aucun repère ne semblant indiquer où cette hampe commence.

 

La soirée m’offre un spectacle grandiose, l’ambiance est spéciale, sentiment d’isolement mais où celui d’être en plénitude avec la nature prend le dessus. Sous mes yeux les montagnes successives se découpent, leur pied baignant dans la mer immense. Je vois, très loin, sur ma gauche, le bras de la rivière où j’ai laissé ma voiture, son lit très large que j’ai suivi  avant de commencer à monter, le chemin de l’autre côté se dirigeant vers le petit Burundi, tandis que devant moi le lagon et la mer  prennent leurs couleurs argentés de nuit. Sur ma droite les montagnes s’assombrissent et se découpent en ombres chinoises entre la mer et le ciel…

 

La nuit est fraîche, l’humidité gagne, je me lève pour mieux fermer ma tente, la toile de celle-ci, non doublée, est trempée mais l’eau glisse vers les bords. Tremblant sous le froid je me glisse dans le couchage, le polaire n’est pas de trop Mes vêtements baignés de sueur ne sècheront pas…heureusement il ne pleut pas !

Après un sommeil entrecoupé mais tout de même reposant, le cri d’un oiseau annonce le lever imminent du jour dés 4h du matin. Durant 1h, sans se lasser, il envoie son cri auquel d’autres répondent dans les montagnes, le même cri en trois notes, portant loin, çà résonne. Je ne verrai pas l’oiseau, chants marquant leur territoire ? Appels vers une compagne éventuelle ?

 

Debout à 5h00, j’enfile mes vêtements humides au petit matin, un café chaud me redonne un tonus d’enfer, je prends en photo notre cher soleil qui se lève (photo 36),

photo 36- Le petit matin

et à 5h45 après avoir enfilé un poncho léger, bien étanche, coupant le froid et dans lequel je suis comme dans une étuve, je pars à la recherche d’un endroit où attaquer la pente, laissant mon camp de base en l’état, et de ce fait mon sac est un peu moins lourd. Au cours de la matinée la température montera doucement, moins élevée qu’en bas, agréable pour la marche.

 

Je croise un trou très large, situé en plein milieu du chemin minier, impressionnant. Je ne peux apercevoir le fond, et tient une distance de sécurité prudente car les bords me semblent friables. Comment s’est-il formé ? Est-ce une ancienne entrée de puits minier ?

 

L’ancien chemin des mines ne continue pas vers le sommet, mais part dans une autre direction, contournant la montagne. Par contre je dois pouvoir rejoindre, plus haut, un ancien chemin piétonnier, rejoignant le sommet du Pic Nejiri, et même se poursuivant sur différentes crêtes pour rejoindre le Mont Humboldt (le 2e sommet plus haut de Nouvelle-Calédonie). Je dois donc trouver une pente accessible, et après quelques gros blocs rocheux franchis je me retrouve sur une crête dont la pente est praticable. Cà grimpe bien cette fois, je passe à côté de sortes de puits, de forme parfois carrée, comblés par les ruissellements d’eau et de terre, dans lesquels toutes sortes de plantes ont pris racine, dont des Greslania circinata. Je pense que c’est là d’anciennes entrées de mines (photo 37 et 38).

photo 38- plantules de G circinata

photo 37- Peut etre un ancien puits minier

De grosses pierres, semblant avoir été taillées, sont parfois à proximité, ainsi que des murets formés de pierres volcaniques noires, cela me fait penser à des tombes mais çà pourrait être plus simplement des plates-formes entourant l’entrée des puits.

 

Autour de moi des dizaines de Greslania circinata sont visibles, disséminés dans une végétation très variée. Certaines touffes n’ont pas fleuries dans certains secteurs, alors que dans d’autres secteurs elles sont décimées, mais dans ce cas des centaines de plantules repartent déjà. Une sorte d’ancien sentier, pas très clairement marqué, facilite mon avancée, d’autant plus que la végétation est courte et clairsemée. Je vois ce qui me semble être des Araucaria de petite taille (photo 39 et 40) sans en être certain.

photo 40- Zoom sur le suppose Araucaria

photo 39- peut etre un araucaria

Vers les 830m, avec toujours G.circinata occupant la zone, et après un passage en pente sur un affleurement de roche rouge friable, une sorte de sentier s’engouffre sous une végétation luxuriante, relativement courte mais dense, avec la présence, entre autres, de nombreux palmiers de taille réduite (photo 41),

photo 41- Vegetation dense et palmiers

 

Il faut plonger sous le couvert dans un creux, puis remonter pour retrouver la crête avec une visibilité. Mais au bout de quelques mètres, impossible de passer, il me faudrait une machette. J’essaie de trouver un autre passage en contournant un sommet, Je me faufile à travers de nombreux troncs d’arbres morts, encore debout ou gisant au sol (photo 42),

photo 42- zone d'arbres morts

gris et secs, avec des branches aux formes tourmentées, posés sur des tapis de lichen blanc (photos 43 et 44).

photo 43- tapis de lichen blanc

photo 44- Zoom sur lichen

Je me heurte à une végétation d’une autre nature, des petits troncs d’arbustes de végétation plus sèche, formant une barrière dense plus haute que moi. Je dois m’arrêter là, n’étant pas équipé pour me frayer un chemin. Je me rappelle les recommandations de Jean-Pierre Legros, rencontre d’un couvert végétal…

Petite inquiétude d’un moment, je m’aperçois que ma montre n’est plus à mon poignet, sans doute arrachée dans mes tentatives de passage. Cependant de longues minutes plus tard je la retrouve, bien à sa place, elle avait simplement tournée autour, et était remontée sur mon bras, cachée par les manches du poncho ! ouf ! mais la fatigue doit y être pour quelque chose J

830m d’altitude, Latitude 21°51’19’’Sud et Longitude 166°29’34’’Est, tel sera mon point ultime pour cette première expédition vers le Pic Nejiri. Il est seulement 7h10 du matin, 1h25 m’ont suffit depuis mon camp de base pour atteindre ce point situé à 150m au dessus, rechercher un passage et devoir renoncer.

Je redescends sur quelques dizaines de mètres pour retrouver une sorte de plateau ou j’ai croisé beaucoup de bambous (photo 45).

photo 45- Greslania circinata

Ne pouvant atteindre les 1000m, le moment est venu d’observer de plus près les feuilles de G.circinata et je trouverai sur le même plant les deux sortes de feuilles, l’une à la base presque à l’horizontale, et l’autre à la base formant des angles même au-delà des 45° comme vu sur le Camus, atteignant les 30 degrés. Le mystère des dessins du Camus est levé, leur légende aurait pu aussi bien être inverséeJ (photo 46).

photo 46- les deux sortes de base de feuilles de G circinata.

Tout de même, pour le fun, je retenterai bien un jour l’ascension vers le Nejiri, en prévoyant même une journée de plus, et en équipe, le franchissement de ce couvert végétal luxuriant me tente bien, ainsi que de passer un peu de temps à l’observation des plantes qu’il habite.

 

Après quelques regards sur ce paysage extraordinaire (photo 47),

photo 47- végétation vers 700m

retour à ma tente, et, après l’avoir manquée et descendu un peu trop bas, je me repérai, retrouvai l’endroit. Une petite pause, préparation du sac à dos, et début de la descente à 9h00.

Je recroise un grand arbre au houppier rouge (photo 48),

photo 48- grand arbre au houppier rouge

puis plus basfais un arrêt prolongé dans le virage du ruisseau et des G.rivularis, pour y prendre photos et notes ainsi que refaire le plein d’eau. Le trajet du retour se fait tranquillement, j’essaie de rester concentré sur chacun de mes pas, la descente est toujours propice aux glissades (photo 49).

photo 49- attention aux glissades

Je fais de courtes haltes pour soulager mes épaules et profiter du paysage. Quand j’atteins la plaine alluviale je redouble de prudence, le sol étant parfois glissant. Je retrouve les traces des cerfs, et un galop dans les fourrés, tout proche, me signale leur présence, mais je ne les verrai pas non plus au retour.

 

Je réfléchis au moyen de passer le bras de rivière d’une manière un peu plus sécurisante qu’à l’aller. Finalement je me taille deux cannes dans des branches ramassées le long du chemin de manière à me faire des points d’appui supplémentaires dans l’eau. Cela fait merveille et la Ngoï se laisse traverser lentement mais beaucoup plus surement. Le deuxième bras franchi je retrouve ma voiture à 13h30. La descente s’est effectuée en bien moins de temps que la montée !

J’ai consommé 5 litres d’eau depuis hier matin, en 27h. J’avais laissé une bouteille de glace dans une glacière dans la voiture, au cas où. La glace a bien sur fondue, mais il me reste cette réserve ainsi qu’un litre d’eau des montagnes pour les 4h de la route du retour. J’ai les épaules en vrac, mon sac à dos était un peu trop lourd et je manquais sans doute de technique pour bien le fixer, comme j’en ai discuté par la suite avec des amis.

Petit arrêt dans la tribu pour signaler que tout s’est bien passé. Firmin m’accueille avec toute sa gentillesse, m’offre le café et un ananas pour la route !

Il savait que j’arrivais chez lui car un oiseau lui signale par son chant tous les évènements inhabituels et les visites. Langage et sagesse de la nature ainsi que des hommes qui savent encore l’écouter.

 

Remerciements :  un grand merci à mon ami Gérald Cauvin, qui, le jour où il m’a offert les 2 volumes du Camus, ne se doutait pas que deux dessins de ces ouvrages, véritables trésors, allaient être à la base d’une superbe aventure à l’autre bout du monde. Merci aussi à Jean-Pierre Legros pour son aide logistique qui a été déterminante dans mon projet (voir carte de la photo n°5), Merci à Radji Kainda pour m’avoir fait rencontrer la tribu du Petit Borindi.

Merci à la tribu du Petit Borindi pour leur accueil convivial et les litchees que j’ai savouré au cours de ma randonnée, et de m’avoir permis de sillonner les montagnes. Un merci particulier à Firmin, pour son humour et sa gentillesse, l’ananas était super bon, j’ai replanté la queue et il donnera d’autres fruits dans 2 ans.

 

Bibliographie :

- Les Bambusées – E.G.Camus – 1913

- The Bamboos of the World- D.Ohrnberger-1999.

- Notes chorologiques et systématiques sur des taxons du genre Greslania Balansa – Jean-Pierre Demoly – Bull. Bambou n°36 avril 2001.

- Greslania circinata and Greslania rivularis (Poaceae-Bambusoideae) from New Caledonia - S.Dransfield – The herbarium, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey – TW9 3AE, UK – The Journal of the American Bamboo Society -16(1):1-8. 2002

- Herbier du Royal Botanic Garden d’Edinburgh – par internet-

 

Photos :  Robert Kernin. exceptées les suivantes:

- La photo n°4 est une copie du livre LES BAMBUSEES de E.G.Camus – 1913.

- La photo n°5 est l’œuvre et le résultat des recherches de Jean-Pierre Legros, et représente la copie du trajet, déterminé par satellite, d’après les renseignements succins que je lui avais fourni.

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