Article 35  Dendrocalamus giganteus 

Robert Kernin, le 24 juillet 2017 

          Originaire du Myanmar (ou Birmanie) ainsi que des provinces du nord-est de l’Inde (Assam, Nagaland, Meghalaya) et de la Chine (Yunnan), son aire d’origine s’étend peut-être jusqu’au nord de la Malaisie. Largement cultivé dans de nombreux pays tropicaux. Présent à Mayotte (flancs du Mont Combani) ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie (dans le sud au pied du Mont-Dore entre autres) (photos 1 et 2).

photo 1- Philippe et un Chihuahua devant D giganteus en Nouvelle-Caledonie - Copie

photo 2- Philippe prentant des fougeres au pied de D giganteus

Introduit en France métropolitaine depuis quelques années, un jeune pied a été planté en extérieur à Menton vers 2011/2012 pour essai d’acclimatation. Comme tous les bambous essentiellement tropicaux, D.giganteus peut être maintenue en pot où elle restera d’une taille en rapport avec le volume du pot, mais devra être abrité l’hiver. 

          Géant parmi les géants (photo 3), Dendrocalamus giganteus laisse sans voix (photo 4).

photo 3- Dendrocalamus giganteus en Nouvelle-Caledonie

photo 4- D giganteus geant parmi les geants

Ses chaumes peuvent atteindre 30 m de hauteur, pour un diamètre de 30 cm. Sur une touffe de ce bambou en Nouvelle-Calédonie, j’ai relevé un diamètre de 23.8cm (photo 5)

photo 5- Fort diametre des chaumes chez D giganteus

et la hauteur moyenne des chaumes avoisine les 20 m (photo 6).

photo 6- La hauteur impressionnante des chaumes de Dendrocalamus giganteus

A Mayotte, j’ai relevé un diamètre de 27cm. Ses rhizomes sont cespiteux, et l’aspect de la touffe est érigée, s’évasant en partie supérieure. 

          Les entre-nœuds font entre 37 et 48 cm de long, ceux de la base étant plus courts (photo 7).

photo 7- Entre-noeuds plus courts à la base et nouveaux chaumes bleutés chez D giganteus

photo 8- Pellicule fongique sur les chaumes de D giganteus à Mayotte

photo 9- Courtes racines aeriennes sur les noeuds de la base des chaumes chez D giganteus

photo 10- Renflements sur la partie inferieure de certains entre-noeuds de D giganteus

La couleur des chaumes est vert moyen mais ils sont souvent recouverts, en atmosphère saturée, d’une pellicule fongique leur donnant un aspect mat, vert ou gris parsemé de taches (photo 8), les nouveaux sont bleutés par l’effet de la pruine assez dense. Les nœuds ne sont pas proéminents et ceux de la base sont garnis de courtes racines aériennes (photo 9). Un léger renflement sur une bonne portion de l’entre-nœud, au dessus de chaque nœud, est fréquent (photo 10). Un anneau de poils brun foncé subsiste au niveau de la cicatrice de gaine, et un deuxième anneau, blanchâtre, est situé juste au dessus, au niveau du nœud (photos 11 et 12).

photo 11 - anneaux brun et blanchatre au niveau des noeuds chez D giganteus

photo 12 - zoom sur les anneaux de poils bruns et blanchâtres sur les noeuds de D giganteus

Sur les chaumes plus âgés, les deux anneaux deviennent parfois blanchâtres, puis des mousses et des lichens les envahissent au cours des ans. 

 

Les gaines de chaume, caduques (photos 13 et 14),

photo 13 - gaines de chaume caduques chez D giganteus

photo 14- tombée des gaines de D giganteus

gigantesques (37cm de hauteur x 85cm de large par exemple – photos 15 et 16),

photo 15 - gaine de chaume de D giganteus

photo 16 - gaine de chaume de Dendrocalamus giganteus

photo 17 - Gaines de chaumes chez D giganteus

photo 18 - gaine de chaume D giganteus

ont une couleur brun clair et gris bleuté, avec des teintes verdâtres et grisâtres (photo 17), et sont parcourues de bandes verticales d’un brun foncé, parfois à peine visibles (photos 18 et 19).

photo 19- Rayures discrètes sur certaines gaines de chaume de D giganteus

A un certain stade elles peuvent être un peu orangées, ainsi que celles du haut des turions (photo 20), d’un orange bien moins intense cependant que les gaines de Dendrocalamus latiflorus (photo 21).

photo 21 - Gaines orange sur grand turion de Dendrocalamus latiflorus

Des poils diffus roux à brun foncé sont visibles en partie dorsale supérieure, plus denses sur les côtés (photos 22 et 23).

photo 23 - zoom sur pubescence des gaines de chaume de D giganteus

photo 22 - Poils bruns et roux en partie dorsale superieure des gaines chez D giganteus

Les oreillettes, non ciliées le plus souvent mais présentant parfois de minuscules cils épars, sont de forme allongée, serpentiformes, leur bordure formant des volutes qui rejoignent la base de la languette (photo 24).

photo 24 - Oreillette allongee formant des volutes chez D giganteus

Cependant, dans la partie terminale des turions, perdue dans les volutes caractéristiques de l’espèce, on peut parfois observer une oreillette parfaitement formée en forme classique d’oreille comme on peut se l’imaginer, et garnie de cils (photo 25).

photo 25 - Oreillette de gaine de chaume en haut de turion de D giganteus

La ligule, d’une hauteur de 4 à 8mm, a ses côtés plus hauts et découpés formant des dessins de vagues, et présente parfois des franges, parfois dentelée en forme de crocs (photos 26, 27, 28 et 29).

photo 26 - ligule de gaine de chaume de D giganteus

photo 27 - Ligule de gaine de chaume chez D giganteus

photo 28- detail ligule de gaine de chaume de Dendrocalamus giganteus

photo 29- Zoom sur ligule de gaine de chaume de D giganteus

La languette, particulièrement celle du haut des turions, est striée, et a des bords souvent récurvés vers sa face supérieure, en partant de sa base, puis récurvés vers sa face intérieure un peu plus haut (photos 30, 31 et 32).

photo 30 - Languette de gaine de chaume chez D giganteus

photo 31 - stries sur languette de gaine de chaume de D giganteus

photo 32- Languettes sur turion de D giganteus

Ces bords présentent des circonvolutions jusqu’à mi-hauteur environ et sont parfois garnis de petits crochets (photo 33).

photo 33- Petits crochets sur la bordure des languettes de gaines de chaume de D giganteus

 

          Les feuilles sont grandes (photo 34),

photo 34 - Feuilles de Dendrocalamus giganteus

en moyenne autour des 35 x 5cm, certaines peuvent atteindre 48 x 11cm. Elles ne sont pas tessellées (photo 35),

photo 35- Absence de tessellations sur feuilles de D giganteus

de 7 à 16 paires de nervures secondaires (ou latérales), vert brillant et lisses face externe, vert mat et duveteuses face interne, pétiolées (2à 8mm), de 5 à 11 feuilles par ramule. 

          Une branche dominante, encadrée de deux secondaires presque de même diamètre, puis de plusieurs plus petites (photo 36).

photo 36 - Branches de Dendrocalamus giganteus

Elles apparaissent aux 2/3 du chaume environ, sont plutôt horizontales, de 2 à 3m de long en moyenne. 

          Les turions sont massifs, trapus à leur naissance, leurs gaines gris bleuté verdâtre au départ (photos 37, 38, 39 et 40).

photo 37- naissance d'un turion de D giganteus

photo 38- Jeunes turions de D giganteus

photo 39 - Turions de Dendrocalamus giganteus

photo 40- Sortie des turions chez D giganteus

Lorsqu’ils grandissent, les gaines de leur sommet sont orangées (photos 41 et, 42).

photo 41 - Tution aux gaines legerement orange chez D giganteus

photo 42- Les turions de D giganteus aux gaines orangees

Les circonvolutions formées par les bases des languettes et par les oreillettes de gaine, d’une couleur rouge, visibles au sommet des jeunes turions, sont un détail remarquable de l’espèce (photos 43, 44, 45 et 46).

photo 43- Haut de turion de D giganteus

photo 44- Circonvolutions des oreillettes et bases de languettes des gaines de chaumes chez D giganteus

photo 45 - détail haut de turion de D giganteus

photo 46- Zoom sur haut de turion de Dendrocalamus giganteus

 

          Je finirai cet article par une photo de Philippe Girard, en Nouvelle-Calédonie, devant un chaume sec que nous avons abattu ce jour là, afin de parfaire des observations (photo 47). Je le remercie vivement pour sa gentillesse et son aide.

photo 47- Philippe devant un chaume abattu de Dendrocalamus giganteus